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Le Sommet virtuel du climat
Premier événement dédié au climat à destination des professionnels réalisé 100% en ligne, le Sommet Virtuel du Climat se déroule du 18 au 28 novembre 2019. Décideurs et responsables opérationnels d’organisations publiques ou privées peuvent, dès le 18 novembre, consulter le programme et s’inscrire gratuitement aux webconférences qui les intéressent.

Convention alpine : priorité à l’eau, la biodiversité et la qualité de l’air
Qualité de l’air, eau, biodiversité : voici les thèmes prioritaires de la France, présidente de la Convention alpine pour 2019 et 2020 depuis avril dernier.

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À la convention citoyenne pour le climat, les participants débattent aussi de la justice sociale
<img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L700xH468/arton19098-0ea3a.jpg?1574069929' width='700' height='468' /><p><i>«<small class="fine"> </small>Bienvenue dans la complexité<small class="fine"> </small>!<small class="fine"> </small>»</i> C'est par cet avertissement que l'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a accueilli les 150 membres de la <a href='https://reporterre.net/Qu-est-ce-que-la-convention-citoyenne-pour-le-climat' class='spip_in'>convention citoyenne pour le climat</a>, réunie pour sa troisième session vendredi 15, samedi 16 et dimanche 17 novembre au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Cette assemblée de 150 personnes tirées au sort , puis choisies par un institut de sondage, doit proposer d'ici fin janvier 2020 des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40<small class="fine"> </small>% en 2030 <i>«<small class="fine"> </small>dans un esprit de justice sociale<small class="fine"> </small>»</i>, selon les termes de son mandat. Elles seront ensuite soumises soit à référendum, soit au vote du Parlement, soit à une application réglementaire directe, comme promis par Emmanuel Macron. Le président de la République a annoncé dimanche qu'il acceptait de se faire auditionner par la convention en janvier prochain.</p> <p>Pour l'heure, les représentants des cinq groupes de travail <i>«<small class="fine"> </small>se nourrir<small class="fine"> </small>»</i>, <i>«<small class="fine"> </small>produire/travailler<small class="fine"> </small>»</i>, <i>«<small class="fine"> </small>consommer<small class="fine"> </small>»</i>, <i>«<small class="fine"> </small>se loger<small class="fine"> </small>»</i> et <i>«<small class="fine"> </small>se déplacer<small class="fine"> </small>»</i> ainsi que de l'<i>«<small class="fine"> </small>escouade<small class="fine"> </small>»</i> dédiée aux sujets transversaux ont présenté dimanche après-midi en réunion plénière quelque 30 mesures et pistes de réflexion à approfondir lors de la prochaine session de travail en décembre. Lutter contre le gaspillage alimentaire, rendre obligatoire le recyclage de tous les objets plastiques d'ici 2025, créer une banque européenne du climat, indexer le montant de la <span class="caps">TVA</span> sur la distance entre le lieu de production et le lieu de vente… Les idées ne manquent pas. Des propositions peaufinées tout au long d'un week-end chargé, sans prêter attention aux brutalités policières qui réprimaient les manifestations des Gilets jaunes au même moment.</p> <p>Vendredi, Nicolas Hulot a été auditionné pendant quasiment deux heures. Parmi les premières questions a fusé : <br />— <i>«<small class="fine"> </small>Croyez-vous en la convention citoyenne pour le climat<small class="fine"> </small>?<small class="fine"> </small>»</i> <br />— <i>«<small class="fine"> </small>Je ne doute pas de sa volonté, de la diversité des parcours, des intelligences, mais j'ai entendu que les mesures que vous allez proposer feraient l'objet d'un référendum ou d'une loi. Ce serait génial que vous ayez un référendum<small class="fine"> </small>! Mais pour cela il va falloir que vous sortiez du lourd, du structurant. Est-ce que vous en aurez le temps en seulement six sessions<small class="fine"> </small>? En tout cas, Élisabeth Borne, le Premier ministre et le président de la République auront tout à gagner à vous écouter, et tout à perdre si cette convention aboutissait à une déception.<small class="fine"> </small>»</i></p> <dl class='spip_document_28406 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/nicolas_hulot_auditionne_par_des_membres_de_la_convention_citoyenne_pour_le_climat_vendredi.jpg' title='Nicolas Hulot auditionné par les membres de la Convention citoyenne pour le climat' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH480/nicolas_hulot_auditionne_par_des_membres_de_la_convention_citoyenne_pour_le_climat_vendredi-29283.jpg?1574068184' width='720' height='799' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/nicolas_hulot_auditionne_par_des_membres_de_la_convention_citoyenne_pour_le_climat_vendredi.jpg' width='1200' height='799' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>Nicolas Hulot auditionné par les membres de la Convention citoyenne pour le climat</strong></dt> </dl> <p>Les travaux des différents groupes se sont poursuivis jusqu'à 20 h passées le soir même, avant de reprendre peu après 9 h samedi matin. <i>Reporterre</i> a choisi de suivre les 30 membres du groupe <i>«<small class="fine"> </small>se déplacer<small class="fine"> </small>»</i>. Ces derniers ont auditionné Bruno Duchemin, auteur de l'avis <i>«<small class="fine"> </small>avant-projet de loi sur les mobilités<small class="fine"> </small>»</i> du Cese, Louis Gallois, président du comité de surveillance de Peugeot <span class="caps">SA</span>, la Gilet jaune Priscillia Ludovsky, à l'initiative de la pétition <i><a href="https://www.change.org/p/pour-une-baisse-des-prix-%C3%A0-la-pompe-essence-diesel" class='spip_out' rel='external'>«<small class="fine"> </small>Pour une baisse des prix du carburant à la pompe<small class="fine"> </small>»</a></i>, et Mathieu Saujot, chercheur sur les modes de vie en transition à l'Iddri.</p> <p><i>«<small class="fine"> </small>J'ai mis le pied dans les Gilets jaunes à cause des incohérences de la taxe carbone</i>, a rappelé M<sup class="typo_exposants">me</sup> Ludosky. <i>Il y a un ensemble de choses à vérifier avant de prendre une mesure : égalité, justice sociale, transparence, impacts sur la santé, etc. Le gouvernement ne peut pas augmenter la taxe carbone tout en continuant de soutenir les entreprises qui font des forages pétroliers à l'étranger, ou d'autoriser les navires de croisière à rejeter du fioul et du soufre. Pour des raisons d'égalité, tous les carburants doivent être taxés, y compris le kérosène et les carburants destinés au transport routier de marchandises. Et pour des raisons de justice sociale, il faut soit réduire la taxe pour les plus pauvres, soit redistribuer ses recettes. On peut aussi créer des espaces de </i>coworking<i>, favoriser l'implantation des entreprises en banlieue pour limiter les trajets banlieues-Paris...<small class="fine"> </small>»</i> <i>«<small class="fine"> </small>On est à fond dans tout ce que tu dis. Mais tu essaies de nous vendre la taxe carbone, alors qu'on est en grande majorité contre ici<small class="fine"> </small>!<small class="fine"> </small>»</i> est intervenue une participante. <i>«<small class="fine"> </small>Je ne vends pas la taxe carbone, je n'ai rien à gagner. Mais elle existe. C'est pourquoi j'explique dans ma pétition qu'elle n'est pas juste<small class="fine"> </small>»</i>, a répliqué M<sup class="typo_exposants">me</sup> Ludosky, piquée au vif.</p> <p>La taxe carbone s'est en effet révélée un sujet sensible au sein de la convention. <i>«<small class="fine"> </small>Que faire pour que la taxe carbone ne soit pas pénalisante<small class="fine"> </small>?<small class="fine"> </small>»</i> a fait partie des questions posées à M. Hulot. <i>«<small class="fine"> </small>C'est délicat. Rappelez-vous la suppression progressive de l'avantage fiscal accordé au diesel. Dès que cette mesure a été appliquée, les achats de véhicules diesel ont brutalement chuté. Cela montre que la mesure a marché. Mais on l'a fait trop brutalement, à un moment où le prix du baril était déjà excessivement élevé<small class="fine"> </small>»</i>, a-t-il répondu.</p> <p><i>«<small class="fine"> </small>Lors des deux premières sessions, on nous a beaucoup parlé de la taxe carbone, ce qui nous a donné l'impression qu'on voulait nous inciter à la garder. Je n'y suis pas favorable, parce qu'elle pénalise les plus pauvres.<small class="fine"> </small>»</i>, a raconté à <i>Reporterre</i> un membre du groupe <i>«<small class="fine"> </small>se déplacer<small class="fine"> </small>»</i>, Carl, étudiant en école de commerce. <i>«<small class="fine"> </small>Dans cette salle, personne n'en veut<small class="fine"> </small>»</i>, a tranché Guillaume, un autre membre du groupe. Même si finalement, aucune mesure relative à cette taxe – ni augmentation, ni modification dans le sens d'une meilleure redistribution, ni suppression – n'a été proposée.</p> <p>La question de la justice sociale n'en a pas été pour autant négligée. M. Gallois, par ailleurs président du <a href="http://etcld.fr/" class='spip_out' rel='external'>Fonds d'expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée</a>, qui déplorait que <i>«<small class="fine"> </small>l'écologie bouffe la justice sociale<small class="fine"> </small>»</i>, a été vertement recadré par une participante : <i>«<small class="fine"> </small>Je n'ai pas apprécié l'opposition systématique que vous faites entre l'écologie et le social. Elle est dangereuse, parce que si l'on ne fait rien, ce seront les plus pauvres qui seront le plus rapidement et le plus durement touchés par le changement climatique.<small class="fine"> </small>»</i> Un autre lui a demandé s'il avait prévu <i>«<small class="fine"> </small>un plan de formation de ses personnels<small class="fine"> </small>»</i> qui pourraient être menacés par le projet gouvernemental d'interdire la vente de véhicules à moteur thermique à partir de 2040.</p> <dl class='spip_document_28405 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/zara_natacha_adele_et_carl_du_groupe_se_deplacer_samedi.jpg' title='Zara, Natache, Adèle et Carl du groupe « se déplacer »' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH480/zara_natacha_adele_et_carl_du_groupe_se_deplacer_samedi-19d42.jpg?1574068185' width='720' height='799' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/zara_natacha_adele_et_carl_du_groupe_se_deplacer_samedi.jpg' width='1200' height='799' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>Zara, Natache, Adèle et Carl du groupe «<small class="fine"> </small>se déplacer<small class="fine"> </small>»</strong></dt> </dl> <p>Mais les auditions ont également été l'occasion d'aborder les solutions concrètes pour diminuer les émissions du secteur des transports, qui représentent 30<small class="fine"> </small>% des émissions françaises et ne cessent d'augmenter. Les questions et les idées ont fusé. <i>«<small class="fine"> </small>Dans les Hauts-des-France, on a déjà une ligne de bus à hydrogène<small class="fine"> </small>»</i>, est intervenue une participante originaire de la région. <i>«<small class="fine"> </small>Ne pourrait-on pas utiliser les gaz issus des restes alimentaires<small class="fine"> </small>?<small class="fine"> </small>»</i>, a interrogé une autre. <i>«<small class="fine"> </small>Votre action peut dégeler des choix,</i> a encouragé M. Saujot. <i>Pourquoi les constructeurs fabriquent-ils des voitures plus grosses et plus lourdes<small class="fine"> </small>? Il y a eu très peu de propositions réglementaires là-dessus. Pourquoi le train est-il plus cher que l'avion<small class="fine"> </small>? Actuellement, il n'y a aucune discussion sur une stratégie de transports longue distance qui inclurait le train, le train de nuit…<small class="fine"> </small>»</i></p> <p>L'après-midi, le groupe a poursuivi sa recherche d'informations au cours d'une séance de <i>«<small class="fine"> </small>speed-dating<small class="fine"> </small>»</i> – un enchaînement de présentations et de questions-réponses d'environ un quart d'heure – avec une quarantaine de chercheurs, associatifs, professionnels... ayant contribué à la mise en œuvre d'alternatives sur leur territoire ou leur entreprise. Laure-Émilie Angevin, coordinatrice du projet La Rochelle <i>«<small class="fine"> </small>territoire zéro carbone<small class="fine"> </small>»</i>, a présenté la plateforme mobilité assortie d'une application mise en place sur tout le bassin de vie, de Niort à l'Île de Ré : <i>«<small class="fine"> </small>À La Rochelle, le logement est cher. On observe de nombreux trajets pendulaires de personnes qui habitent dans le périurbain ou le rural, où il n'y a pas de transports en commun. Savez-vous combien coûte une voiture<small class="fine"> </small>?</i> <br />— <i>Je ne sais plus si j'ai appris ça en session ou en intersession mais 5.000 à 6.000 euros par an<small class="fine"> </small>!</i> répond une participante. <br />— <i>Peu de gens le savent. Dans certains foyers ruraux, on compte jusqu'à trois voitures<small class="fine"> </small>! Les comportements sont tellement marqués par l'habitude qu'on ne les remet même plus en question,</i> observe M<sup class="typo_exposants">me</sup> Angevin. <br />— <i>On nous bourre la tête de pub. À la place des spots publicitaires le soir à la télé, il faudrait de petits films qui expliquent le changement climatique, les coûts réels d'une voiture...<small class="fine"> </small>»</i></p> <p>La sonnerie retentit, les membres de la convention changent de table. Mélanie, auxiliaire de vie à Sablé-sur-Sarthe, rencontrera ainsi Jean-Paul Peulet, directeur de Bresses Énergies Citoyenne, qui a encouragé les principaux employeurs de l'agglomération de Bourg-en-Bresse à lancer une plateforme commune de covoiturage. Puis André Broto et Raphaël Ventre, directeur de la stratégie et responsable des projets digitaux Vinci Autoroutes, qui misent sur le déploiement de bornes de recharge pour voitures électriques sur les autoroutes et la mise en place de voies réservées pour les transports en commun <i>«<small class="fine"> </small>express<small class="fine"> </small>»</i>. Et enfin Laëticia Dablanc, chercheure au laboratoire Ville Mobilité Transport, qui lui vantera les camions suédois de 60 tonnes et à nombreux essieux qui permettent d'optimiser le transport routier de marchandises.</p> <p>À 16 h 30, c'est la pause. Les propositions ne sont pas encore rédigées que les membres de la convention s'interrogent déjà sur ce qu'elles deviendront. <i>«<small class="fine"> </small>Je ne vois pas trop comment on peut rédiger un texte de loi,</i> objecte Sandrine, assistante familiale en Picardie. <i>J'ai un peu lu le Code pénal, c'est très compliqué.</i> <br /><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <i>Des juristes vont nous aider à rédiger,</i> assure Mélanie. <br /><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <i>Quant au temps, je ne pense pas qu'on va en manquer. Si on en avait plus, on s'éparpillerait. Il va falloir qu'on sélectionne, on ne peut pas rendre 200 pages,</i> intervient Mathieu, technicien en laboratoire venu de Corrèze. <br /><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <i>Mais va-t-il vraiment y avoir un référendum<small class="fine"> </small>? On n'en entend plus parler</i>, insiste Sandrine. <br /><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <i>Oui, on va en parler. Et je suis sûre que certaines mesures pourraient passer, comme le crime d'écocide. Il faudra juste soigner la rédaction de la question, pour éviter qu'il ne se transforme en référendum pour ou contre Macron<small class="fine"> </small>»</i>, lui répond Mélanie.</p> <dl class='spip_document_28407 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/le_tableau_ou_chaque_soir_les_membres_de_la_convention_citoyenne_pour_le_climat_inscrivent_sur_des_post-il_leurs_coups_de_coeur_et_de_gueule_dimanche.jpg' title='Le tableau où, chaque soir, les membres de la convention citoyenne pour le climat inscrivent sur des post-il leurs coups de coeur (et de gueule), dimanche' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH480/le_tableau_ou_chaque_soir_les_membres_de_la_convention_citoyenne_pour_le_climat_inscrivent_sur_des_post-il_leurs_coups_de_coeur_et_de_gueule_dimanche-16d5d.jpg?1574068185' width='720' height='800' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/le_tableau_ou_chaque_soir_les_membres_de_la_convention_citoyenne_pour_le_climat_inscrivent_sur_des_post-il_leurs_coups_de_coeur_et_de_gueule_dimanche.jpg' width='1200' height='800' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>Le tableau où, chaque soir, les membres de la convention citoyenne pour le climat inscrivent sur des post-il leurs coups de coeur (et de gueule), dimanche</strong></dt> </dl> <p>La fin d'après-midi et la matinée du lendemain sont consacrées à la rédaction des propositions. Tous ensemble, en sous-groupes de quatre ou en présence d'observateurs venus d'autres groupes, on précise et complète la trame issue de la deuxième session. <i>«<small class="fine"> </small>C'est des territoires que les initiatives vont partir. C'est ce que je me suis dit après avoir rencontré les porteurs de projet de la Drôme et de La Rochelle,</i> estime un participant en sweat vert. <i>Le problème, c'est que les territoires n'ont pas forcément les moyens.</i> <br /><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <i>On pourrait proposer un </i>“soutien aux collectivités locales avec plus de moyens et de marge de manoeuvre”<i>,</i> suggère une étudiante. <br /><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <i>Est-ce qu'on garde le ferroutage<small class="fine"> </small>? M. Gallois a dit que ce n'était pas forcément pertinent pour les trajets de moins de 80 kilomètres. On pourrait préciser </i>“pour les longues distances”<i><small class="fine"> </small>»,</i> propose une autre.</p> <p>Lors du tour de table animé par Yves Mathieu, codirecteur de Missions Publiques, et Romain Varène, associé d'Eurogroup Consulting, également tirés au sort, de nouvelles propositions émergent. <i>«<small class="fine"> </small>Un Land Rover pollue davantage qu'un camion de 44 tonnes. Aujourd'hui, les riches peuvent continuer à polluer avec ces véhicules en payant un malus, jusqu'à 12.500 euros en 2020 pour les Mégane <span class="caps">RS</span> et les Porsche. Il faut supprimer ce droit et obliger les constructeurs à ne pas dépasser un plafond d'émissions<small class="fine"> </small>»</i>, s'insurge un participant. Aux plus pauvres, en revanche, le groupe épargne l'obligation de changer de véhicule et opte pour les subventions à la remise en état, y compris avec des dispositifs de réduction des émissions. <i>«<small class="fine"> </small>Et surtout, il faudra interdire l'exportation de ces vieilles voitures en Afrique parce que cela ne fait que déplacer la pollution.<small class="fine"> </small>»</i></p> <dl class='spip_document_28408 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/convention-restitution.jpg' title='La restitution en plénière, dimanche' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/convention-restitution-3e89f.jpg?1574068186' width='720' height='801' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/convention-restitution.jpg' width='1200' height='801' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>La restitution en plénière, dimanche</strong></dt> </dl> <p>Finalement, le groupe aboutit à 31 mesures – redévelopper le réseau ferroviaire secondaire, limiter l'avion sur les vols intérieurs, développer le transport ferroviaire et fluvial de marchandises, réglementer le poids et le niveau d'émission des véhicules, favoriser la participation des citoyens aux autorités régulatrices de la mobilité… –, réparties en quatre axes : modifier l'utilisation de la voiture individuelle, réduire et optimiser les transports de marchandise routier, agir sur la réglementation pour proposer des véhicules moins émetteurs de gaz à effet de serre et permettre aux ménages de vivre avec moins de véhicules. Lesquels seront présentés sans approfondissement en séance plénière à l'ensemble de la convention par Marine et John, deux membres du groupe. <i>«<small class="fine"> </small>Vous avez pris les commandes</i>, s'est émue Laurence Tubiana, coprésidente du comité de gouvernance, qui a conclu la session. <i>Vous vous levez convention, vous buvez des verres convention, vos familles vont en avoir marre mais c'est formidable parce que vous devenez de véritables ambassadeurs. Vous êtes tellement pris au sérieux que le président de la République a répondu à votre invitation qu'il serait très heureux d'être auditionné par vous en janvier dans des conditions que vous choisirez<small class="fine"> </small>!<small class="fine"> </small>»</i></p> <p>D'ici là, pour les membres du groupe, il y aura encore des transports – ne serait-ce que le train, l'avion ou le covoiturage pour rentrer à la maison – et un nouveau week-end de travail les 6, 7 et 8 décembre pour approfondir leurs propositions.</p> - <a href="https://reporterre.net/Reportage" rel="directory">Reportage</a> / <a href="https://reporterre.net/Climat-18" rel="tag">Climat </a>, <a href="https://reporterre.net/Politique" rel="tag">Politique</a>

Une cuisine végétale toute en douceur et en partage
<img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L310xH400/arton19094-e4277.jpg?1574069894' width='310' height='400' /><ul class="spip"><li><i> Présentation de l'ouvrage par l'éditeur :</i></li></ul> <p>Derrière cette Cantine Vagabonde se cache une petite cuisine soignée, pleine de poésie et de joie, qui puise de-ci de-là dans les différentes cultures et leurs multiples ingrédients, un voyage intérieur où l'on n'est pas à l'abri d'une heureuse surprise en ouvrant son champ des possibles. Lila Djeddi, cuisinière humaniste, propose de changer notre regard sur la cuisine de tous les jours, pour donner plus que tout du sens à ce geste essentiel, pour y mettre de l'engagement citoyen, de la réflexion, aussi, pour trouver les petites astuces d'organisation qui allègent notre charge mentale, pour être dans le partage, la beauté et la gourmandise, et ce plusieurs fois par jour.</p> <p>Remercier par un contrat solidaire un producteur qui nous nourrit, acheter en vrac, troquer, se grouper, faire parfois avec seulement quelques restes, s'organiser quand on aime paresser, accepter la contrainte, qui pousse à expérimenter et à créer, boycotter quand il le faut, éveiller les sens et se remplir le cœur… autant d'idées réjouissantes qu'elle nous livre dans son manifeste du gai manger pour se régaler d'une cuisine végétale tout en délicatesse. Et de son carnet de recettes, elle tire une douceur de vivre qui rend heureux. Poires r<sup class="typo_exposants">o</sup>̂ties au cumin, crème coco-cardamome, crunchy noisette, guacamole fruité à la pomme, tortillas de navets primeur, petits pois et coulis de tomates à l'estragon, salade de pastèque et de courgette jaune, oignon rose, menthe, roquette, céleri-branche et cacahuète grillée… : petit à petit, tout prend du sens, tout sonne juste.</p> <ul class="spip"><li> <strong>Lila Djeddi</strong> a ouvert en 2012 la Cantine Vagabonde, où elle propose une cuisine bio, végétarienne et de saison, qui soutient les producteurs et les artisans qui ont l'amour du produit bien fait.</li></ul> <p>Engagée dans le bien-manger et le mieux consommer, elle livre ses petits plats par vélo triporteur, composte toutes ses épluchures et approvisionne en fruits bio et de saison à prix coûtant une école de son quartier.</p> <p>Aujourd'hui, elle se consacre pleinement aux ateliers de cuisine, au conseil, à la formation en alimentation végétale, bio et engagée. Elle œuvre au quotidien à démocratiser l'écologie pour tous et le gai manger, toujours assaisonné d'une bonne dose d'amour, de plaisir et de joie.</p> <ul class="spip"><li> <strong>Cantine vagabonde</strong>, <a href="http://cantinevagabonde.fr/le-livre/" class='spip_out' rel='external'>Tana éditions</a>, octobre 2019, 192 p., 22 euros.</li></ul> - <a href="https://reporterre.net/Reportage" rel="directory">Reportage</a>

Gilets jaunes, un an : une féroce répression contre l'union des colères
<img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L700xH467/arton19100-9abec.jpg?1574070280' width='700' height='467' /><ul class="spip"><li> <i>Paris, (reportage)</i></li></ul> <p>Gazé et matraqués sans sommation. Voilà le sort réservé aux personnes venues en soutien à l'évacuation de la première Maison des Peuples de Paris, <a href='https://reporterre.net/La-Maison-des-peuples-ouverte-a-Paris-XXe-a-ete-evacuee-par-la-police' class='spip_in'>ouverte samedi 16 novembre par une vingtaine de collectifs militants</a>. Ils avaient pris possession de l'ancienne salle de concert de la Flèche d'Or (20<sup class="typo_exposants">e</sup>), pour en faire un lieu d'échange, d'écoute et de retrouvailles à l'abri de la répression et des nuages de lacrymogènes. C'est pourtant dans les gaz que cette expérience éphémère mais ô combien symbolique s'est terminée. Pour procéder à l'évacuation en toute tranquillité, les forces de l'ordre avaient totalement bloqué la rue de Bagnolet, qui mène à la Flèche d'Or. Une petite cinquantaine de personnes étaient présentes, certaines étaient là en soutien, d'autres étaient de simples habitants désirant retrouver leur appartement. Les ordres étaient stricts : interdiction formelle à quiconque de franchir ce barrage.</p> <p>À 17 heures, certains ont essayé de passer. Une première tentative soldée par un tir de grenades assourdissantes et de lacrymogènes, dont le nuage a envahi toute la rue.</p> <p>Une fois leurs larmes séchées, les soutiens sont revenus plus remontés que jamais aux slogans de <i>«<small class="fine"> </small>tout le monde déteste la police<small class="fine"> </small>»</i>. Une voisine, la soixantaine, n'a pas caché son indignation : <i>«<small class="fine"> </small>J'habite ici moi monsieur. De quel droit vous me gazez<small class="fine"> </small>?<small class="fine"> </small>»</i> Deux adolescentes paniquées se demandent comment elles vont rentrer chez leurs parents. Trente minutes plus tard, un homme, bon chic bon genre, se glisse discrètement entre deux <span class="caps">CRS</span>. Un autre tente de le suivre avant d'être violemment repoussé.</p> <dl class='spip_document_28426 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/evacuation_maison_des_peuples_v_1.jpg' title='Évacuation de la Maison des peuples.' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/evacuation_maison_des_peuples_v_1-b1e06.jpg?1574070297' width='720' height='668' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/evacuation_maison_des_peuples_v_1.jpg' width='1000' height='668' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>Évacuation de la Maison des peuples.</strong></dt> </dl><h3 class="spip">La grande salle, à l'abandon depuis deux ans, ressemblait à un havre de paix</h3> <p>La foule s'énerve, nouvelle charge, coups de matraques à l'aveugle, jets de grenades lacrymogènes et de désencerclement. Devant la boulangerie restée ouverte malgré les heurts, un petit garçon demande à son père : <br />— <i> Papa, pourquoi les policiers ils ont des boucliers<small class="fine"> </small>?</i> <br />— <i> Parce qu'ils font la guerre</i></p> <p>Pendant ce temps, les occupants de la Maison des Peuples sont évacués dans le calme à l'autre bout de la rue. Une quinzaine n'avaient pas leurs papiers d'identité et ont été emmenés au commissariat avant d'être relâchés dans la soirée.</p> <p>Les portes de cette fugace Maison des Peuples sont désormais fermées. Mais l'expérience avait bien commencé. Samedi 16 novembre, dès 15 heures, une chaîne humaine déchargeait du matériel : provisions, matelas, chaises, butagaz. De quoi tenir un siège. Un homme, grimpé sur une échelle, avait coupé la sonnerie stridente d'une alarme de sécurité. Une bibliothèque fût installée. En quelques heures, l'ancienne salle de concert de la Flèche d'Or était métamorphosée. Alors que dehors, la répression des manifestations du premier anniversaire des Gilets jaunes faisait rage, cette grande salle, à l'abandon depuis deux ans, ressemblait à un havre de paix.</p> <dl class='spip_document_28423 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/home_is_yours_v_1.jpg' title='Dans la Maison des peuples, dans l'ancienne salle de concert la Flèche d'Or.' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/home_is_yours_v_1-ae0ef.jpg?1574070297' width='720' height='668' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/home_is_yours_v_1.jpg' width='1000' height='668' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>Dans la Maison des peuples, dans l'ancienne salle de concert la Flèche d'Or.</strong></dt> </dl> <p><i>«<small class="fine"> </small>Avec mon amie, on a passé la journée à errer dans Paris pour fuir les nasses policières. J'ai entendu parler de ce lieu sur l'application Télégram. Il avait l'air accessible et fait pour parler avec des gens sans les lacrymos. Mais cela m'embête un peu de lâcher les autres, notamment mon père, encore dehors dans les nasses<small class="fine"> </small>»</i>, expliquait Margaux, 25 ans, chapeau d'anniversaire sur la tête. La jeune fille vit à Nantes, où il existe déjà une Maison du peuple, un lieu politique rassemblant des gens de tous horizons. <i>«<small class="fine"> </small>À Paris, <a href='https://reporterre.net/L-action-d-Extinction-Rebellion-a-eu-lieu-a-Paris-au-centre-commercial-Italie-2' class='spip_in'>la convergence entre les Gilets jaunes et Extinction Rebellion</a> par exemple n'est pas facile, car on se dit que ce sont des bobos écolos peu conscients de leurs privilèges. C'est un peu caricatural, je sais bien. Et je pense justement que ce type de lieu permet de faire tomber les préjugés.<small class="fine"> </small>» </i></p> <dl class='spip_document_28409 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/margaux_1.jpg' title='« Je suis venue parce que le lieu avait l'air accessible et fait pour parler avec des gens sans les lacrymos. »' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/margaux_1-a2292.jpg?1574070298' width='720' height='801' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/margaux_1.jpg' width='1200' height='801' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>«<small class="fine"> </small>Je suis venue parce que le lieu avait l'air accessible et fait pour parler avec des gens sans les lacrymos.<small class="fine"> </small>»</strong></dt> </dl> <p><a href='https://reporterre.net/Les-Gilets-jaunes-ont-force-la-mue-sociale-du-mouvement-ecologiste' class='spip_in'>Réunir ensemble Gilets jaunes, verts, noirs, roses…</a> Telle est l'ambition d'une vingtaine de collectifs Gilets jaunes, écolos, queer, militants pour l'accueil des migrants, contre le mal-logement, à l'origine de cette occupation préparée depuis plusieurs semaines. Leur objectif : construire un espace pour préparer la suite des mobilisations, notamment la grève du 5 décembre prochain. Leurs mots d'ordre : anticapitalisme, antiracisme et antisexisme. <i>«<small class="fine"> </small>Nous sommes ici pour organiser un grand banquet populaire. Nous aurions aimé aller à l'Élysée mais hélas, ils n'ont pas accepté<small class="fine"> </small>»</i>, s'amuse Loïc Canitrot, de la compagnie de théâtre <a href='https://reporterre.net/Jolie-Mome-lutte-joyeusement-avec-la-Nuit-debout' class='spip_in'>Jolie Môme</a>, l'un des organisateurs. Il continue : <i>«<small class="fine"> </small>Les gens se rencontrent depuis des mois dans la rue. Ils avaient besoin d'un espace pour se retrouver, échanger et discuter ensemble de la suite<small class="fine"> </small>»</i>. <i>«<small class="fine"> </small>Il y a un réel besoin de lieux comme celui-ci, pour penser des actions. Une sorte de Bourse du travail alternative<small class="fine"> </small>»</i>, renchérit Gilles, membre d'<a href="https://france.attac.org/" class='spip_out' rel='external'>Attac</a>.</p> <p>Vers 18 h 30, quelques organisateurs et organisatrices ont présenté les différentes commissions — communication, animation, logistique, accueil — et donné quelques consignes. Pas de dégradations qui pourraient engager la responsabilité juridique des occupants. Pas trop d'alcool ni de substances pouvant <i>«<small class="fine"> </small>modifier l'état de conscience<small class="fine"> </small>»</i>. Les cigarettes se fument dans la cour extérieure. <i>«<small class="fine"> </small>Nous n'avions encore jamais eu de Maison des peuples à Paris car personne n'avait réussi à organiser la convergence, qui n'est pas facile à mettre en place. Mais c'est une nécessité d'avoir un tel lieu ouvert à toutes et tous. Nous avons plein d'idées pour l'animer : des ateliers de formation à la désobéissance civile, de la cuisine solidaire, des ateliers d'alphabétisation. Et chacun est vivement invité à venir proposer des choses et surtout les voisins<small class="fine"> </small>»</i>, explique Triska<span class="spip_note_ref"> [<a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est un prénom d'emprunt' id='nh1'>1</a>]</span>, l'une des organisatrices.</p> <dl class='spip_document_28416 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/salle_de_la_maison_des_peuples_v_1.jpg' title='La salle de la Flèche d'Or était abandonnée depuis deux ans.' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/salle_de_la_maison_des_peuples_v_1-33258.jpg?1574070298' width='720' height='668' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/salle_de_la_maison_des_peuples_v_1.jpg' width='1000' height='668' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>La salle de la Flèche d'Or était abandonnée depuis deux ans.</strong></dt> </dl> <p>Installés sur la scène, un groupe de jeunes débattait, emmitouflés dans leurs écharpes et bonnets pour se protéger du froid. Ils étaient membres de RadiAction, la branche française d'Ende Gelände qui <a href="https://reporterre.net/En-Allemagne-nous-avons-passe-la-nuit-avec-les-activistes-contre-le-charbon">occupe des mines de charbon en Allemagne</a>.</p> <p>Aucun d'entre eux n'avait très envie de donner son prénom, alors ce sera une interview collective. <i>«<small class="fine"> </small>Il faut des espaces de liberté et de partage autogérés comme celui-ci. Des lieux où l'on se sent en sécurité avec des gens qu'on connaît, sans rapport de force ou de domination. Pour questionner plein de choses comme la propriété privée, les rapports de genre, la non violence également. Elle doit rester une tactique et pas une stratégie. Regardez en Allemagne, pendant les actions, ils n'utilisent pas le terme de non-violence mais parlent de solidarité.<small class="fine"> </small>»</i></p> <dl class='spip_document_28413 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/triska.jpg' title='Triska : « C'est une nécessité d'avoir un tel lieu ouvert à tous. Nous avons plein d'idées pour l'animer ! »' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/triska-bfc98.jpg?1574070299' width='720' height='801' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/triska.jpg' width='1200' height='801' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>Triska : «<small class="fine"> </small>C'est une nécessité d'avoir un tel lieu ouvert à tous. Nous avons plein d'idées pour l'animer<small class="fine"> </small>!<small class="fine"> </small>»</strong></dt> </dl> <p>Devant l'unique porte d'entrée du bâtiment, un homme plutôt baraqué s'est présenté comme le propriétaire du lieu. <i>«<small class="fine"> </small>Je veux entrer. Regardez, je suis venu sans batte de baseball ni matraque. C'est une Maison du peuple pour tout le monde oui ou non<small class="fine"> </small>?<small class="fine"> </small>»</i> À force de persuasion et d'échanges, les militants réussissent à le convaincre de faire demi-tour. Il s'est donc installé sur le trottoir d'en face, devant l'hôtel de luxe Mama Shelter, effectivement propriétaire de l'ancienne salle de concert. À 21 h, un huissier est arrivé pour prendre des photos et constater l'occupation. Les militants avaient prévu le coup : le lieu était habité par des résidents depuis plus de 48 heures et donc non expulsable sans procédure juridique. <i>«<small class="fine"> </small>Si les autorités respectent les règles, nous ne sommes pas délogeables par la police<small class="fine"> </small>»</i>, espérait encore Triska.</p> <h3 class="spip">Un samedi après-midi de mobilisation pour les Gilets jaunes marqué par de grosses tensions</h3> <p>Si les forces de l'ordre ont attendu le dimanche pour évacuer la Maison des peuples, c'est peut-être parce qu'elles avaient bien d'autres chats à fouetter le samedi. Selon un comptage Gilets jaunes, ils étaient 39.530 manifestants dans toute la France. Le ministère de l'Intérieur parle de 28.000 personnes, dont 4.700 à Paris. La journée a commencé vers 9 h du matin, porte Champerret, avec un rassemblement déclaré durant lequel plusieurs centaines de personnes ont tenté de bloquer le périphérique, avant d'être repoussées par des forces de l'ordre à coup de charges et de grenades lacrymogènes.</p> <dl class='spip_document_28419 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/pe_riphe_rique_bloque_v_1.jpg' title='À 9 h, porte Champerret, plusieurs centaines de personnes ont tenté de bloquer le périphérique parisien.' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/pe_riphe_rique_bloque_v_1-5cea6.jpg?1574070299' width='720' height='668' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/pe_riphe_rique_bloque_v_1.jpg' width='1000' height='668' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>À 9 h, porte Champerret, plusieurs centaines de personnes ont tenté de bloquer le périphérique parisien.</strong></dt> </dl> <p>La plupart ont décidé de rejoindre la Place d'Italie, où la situation n'était pas meilleure. Alors que le début de l'événement — déclaré et autorisé par la Préfecture — était prévu pour 14 h, les premiers Gilets jaunes ont afflué bien avant 10 h. Des manifestants très motivés à l'instar de Marianne, venue de Lens en bus. <i>«<small class="fine"> </small>Je viens manifester car rien ne change. Ma mère dont je m'occupe, a 78 ans. Parfois elle hésite à allumer le chauffage car elle ne sait pas si elle pourra payer la facture<small class="fine"> </small>»</i>, explique-t-elle. Cette mère de famille, comptable de profession, a également rejoint le groupe Extinction Rebellion de Lille, <a href="https://reporterre.net/L-action-d-Extinction-Rebellion-a-eu-lieu-a-Paris-au-centre-commercial-Italie-2">à la suite de l'occupation du centre commercial Italie 2</a>.</p> <p>Elle compte très prochainement faire une action avec eux car elle apprécie leur côté structuré, avec des actions ciblées, des formations à la désobéissance civile, des conseils en cas d'arrestation. Elle accepte également le consensus de la non violence, tout en s'interrogeant sur son efficacité. <i>«<small class="fine"> </small>Moi aussi au début, je n'étais pas violente. Mais on en vient à se demander si certaines violences ne sont pas nécessaires, car on nous prend vraiment pour des moins que rien. Et puis c'est quoi la vraie violence<small class="fine"> </small>? Pour moi, c'est d'être obligée de venir manifester les samedis plutôt que de rester avec mes enfants<small class="fine"> </small>» </i>, s'exclame-t-elle.</p> <dl class='spip_document_28427 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/benoit_1_v_1.jpg' title='« Dès que tu combats les multinationales, responsables de 75 % de la pollution dans le monde, tu es écolo », assure Benoît.' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/benoit_1_v_1-87a53.jpg?1574070300' width='720' height='668' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/benoit_1_v_1.jpg' width='1000' height='668' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>«<small class="fine"> </small>Dès que tu combats les multinationales, responsables de 75<small class="fine"> </small>% de la pollution dans le monde, tu es écolo<small class="fine"> </small>», assure Benoît.</strong></dt> </dl> <p>Un peu plus loin, un groupe de Black Bloc s'attaque à la façade de la banque <span class="caps">HSBC</span>, qui ne résistera pas longtemps à leurs assauts. <i>«<small class="fine"> </small>Ils n'ont pas respecté le consensus de non violence<small class="fine"> </small>»</i>, rigole Benoit, un militant antispéciste habillé avec un pull L214. <i>«<small class="fine"> </small>Moi, je viens ici casser le système capitaliste, comme tout le monde. D'ailleurs, j'ai toujours considéré les Gilets jaunes comme un mouvement écolo. À partir du moment où tu combats les multinationales qui sont responsables de 75<small class="fine"> </small>% de la pollution dans le monde, tu es écolo.<small class="fine"> </small>»</i></p> <p>Quelques manifestants mettent le feu à du matériel de chantier. D'autres jettent dans le brasier des trottinettes électriques. Les pompiers interviennent pour éteindre les flammes, sous les encouragements. <i>«<small class="fine"> </small>Pompiers rejoignez-nous. Vous aussi les flics vous frappent<small class="fine"> </small>»</i>, pouvait-on entendre. Mais à force d'être gazés et chargés depuis le début de la matinée, beaucoup commencent à perdre patience.</p> <span class='spip_document_28418 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/policiers_bac_et_tag_shopping_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/policiers_bac_et_tag_shopping_v_1-fb0af.jpg?1574070301' width="720" height="668.72" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/policiers_bac_et_tag_shopping_v_1.jpg' width="1000" height="668" alt=""></noscript></a></span> <p>Certains s'échappent par les avenues alentours pour rejoindre d'autres cortèges vers la place de la Bastille, République, Barbès, ou encore les Halles. Ceux qui viennent juste d'arriver — le début de la manifestation officielle étant prévu pour 14 h — restent sur les abords, hésitants. Un musicien de la Fanfare Invisible regarde la place, noyée dans les gaz et les fumées. <i>«<small class="fine"> </small>Je ne pense pas qu'on va pouvoir jouer ici<small class="fine"> </small>»</i>, constate-t-il dépité. Au milieu du chaos, Mohammed, Gilet jaune sur le dos, brandit fièrement un drapeau d'Extinction Rebellion. <i>«<small class="fine"> </small>J'ai participé à l'occupation d'Italie 2<small class="fine"> </small>! C'était super et il faudrait le refaire. Mais surtout, j'aimerais bien que les membres d'Extinction Rebellion viennent ici. On ne les voit pas trop c'est dommage. On se demande pourquoi certains ne veulent pas converger avec nous.<small class="fine"> </small>» </i></p> <span class='spip_document_28425 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/feu_de_signalisation_bru_lant_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/feu_de_signalisation_bru_lant_v_1-25db7.jpg?1574070302' width="720" height="668.72" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/feu_de_signalisation_bru_lant_v_1.jpg' width="1000" height="668" alt=""></noscript></a></span> <p>Vers 13 h 30, Faouzi Lellouche, co-organisateur du cortège, est appelé par la préfecture pour annuler l'autorisation de manifestation à cause des violences. Il faut dire que la tension est à son comble entre les charges policières et jets de pavés des Black Bloc. Le canon à eau tente de disperser la foule. Plusieurs véhicules (pas vraiment des Ferrari) ainsi que des scooters sont incendiés, plongeant la place dans une fumée noire. Un homme, la tête entourée d'une bande, erre l'air hagard au milieu des carcasses fumantes. Il crie dans son téléphone : <i>«<small class="fine"> </small>Je crois que je me suis pris un pavé<small class="fine"> </small>»</i>. Un journaliste, clairement identifiable par une inscription <i>«<small class="fine"> </small>Press<small class="fine"> </small>»</i> à l'avant de son gilet de protection, reçoit un tir de grenade en pleine tête.</p> <span class='spip_document_28424 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/gilet_jaune_a_ge_dans_les_gaz_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/gilet_jaune_a_ge_dans_les_gaz_v_1-4654e.jpg?1574070303' width="720" height="668.72" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/gilet_jaune_a_ge_dans_les_gaz_v_1.jpg' width="1000" height="668" alt=""></noscript></a></span> <p>D'autres blessés sont signalés sur les réseaux sociaux, sans chiffre officiel communiqué pour le moment. <i>«<small class="fine"> </small>Il y a un an, au début du mouvement, j'étais pacifique. Mais quand je vois comment on nous traite, comment on nous méprise, je me dis que la violence c'est pas forcément si mal<small class="fine"> </small>»,</i> glisse un homme venu du Havre. Quand on lui rétorque que cette ambiance de guerre civile a de quoi effrayer un grand nombre de Gilets jaunes, qui préfèrent rester chez eux et suivre les mobilisations derrière leur écran, il s'exclame : <i>«<small class="fine"> </small>Ce sont des manifestants de canapé, c'est n'importe quoi. C'est pire que de voter Macron<small class="fine"> </small>!<small class="fine"> </small>»</i></p> - <a href="https://reporterre.net/Reportage" rel="directory">Reportage</a> / <a href="https://reporterre.net/Gilets-jaunes" rel="tag">Gilets jaunes</a>

Ecolo et anarchiste, une réponse à l'effondrement
<img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L700xH467/arton19093-38249.jpg?1574065574' width='700' height='467' /><p>Voilà assurément le livre d'une femme <i>«<small class="fine"> </small>entière<small class="fine"> </small>»,</i> aux convictions solidement chevillées au corps et, pouvait-on penser jusqu'à récemment, promise à un bel avenir politique. Écologiste à coup sûr : l'auteur a été élue députée en 2012 avec l'étiquette Europe Ecologie-Les Verts (<span class="caps">EELV</span>). Féministe, c'est une évidence : elle était aux avant-postes pour dénoncer, avec d'autres, un <i>«<small class="fine"> </small>vert<small class="fine"> </small>»,</i> bien en cour, Denis Baupin (à l'époque vice-président de l'Assemblée nationale), pour harcèlement et agression sexuelle. Femme de gauche, et de longue date, c'est certain : parlementaire, elle n'a pas hésité à claquer la porte d'<span class="caps">EELV</span> et à rejoindre Nouvelle Donne, le mouvement qui, un temps, a rêvé de supplanter le parti socialiste en le tournant sur sa gauche. C'était en 2013.</p> <p>Puis est venu le reflux. Démissionnaire de Nouvelle Donne, où elle s'était fourvoyée (après en avoir été brièvement coprésidente), elle a été sèchement battue aux législatives de 2017. D'être soutenue par la totalité de l'arc de la gauche n'a pas servi à grand-chose à l'heure de la vague Macron.</p> <p>Et maintenant<small class="fine"> </small>? La directrice de musée qu'elle fut pendant près de dix ans (celui de la Tapisserie de Bayeux, dans le Calvados, puis celui d'Utah Beach, dans la Manche) a choisi d'aller poser ses valises en Bretagne tandis que la femme politique a opté, elle aussi, pour une autre voie. Elle se revendique désormais anarchiste ou, plus précisément, écoanarchiste. <i>«<small class="fine"> </small>Mes deux années de déconstruction puis de reconstruction politique viennent de s'achever. Les pièces du puzzle forment aujourd'hui une image claire. J'ai surtout décidé de laisser parler l'anarchiste qui avait toujours été à mes côtés, telle une amie qui pose sans cesse les questions qui dérangent, à qui on répondra plus tard, toujours plus tard<small class="fine"> </small>»,</i> écrit-elle en conclusion d'un livre très personnel qu'elle publie au Seuil (en coédition avec <i>Reporterre,</i> où <a href="https://reporterre.net/spip.php?page=memeauteur&auteur=Isabelle+Attard">elle est chroniqueuse</a>).</p> <h3 class="spip">Au fil des mois, toutes ses illusions tombent une à une comme feuilles d'automne </h3> <p>Ce cheminement politique est bien le thème de l'ouvrage. Dans une sorte de retour sur elle-même, elle y raconte par le menu sa découverte de l'Assemblée nationale, <i>«<small class="fine"> </small>royaume des préjugés sexistes<small class="fine"> </small>»</i>. Ainsi des huissiers qui s'évertuaient à vouloir lui faire porter le badge d'assistante parlementaire tant il était évident à leurs yeux qu'elle ne pouvait pas être une (jeune) élue, mais l'adjointe d'un élu mâle.</p> <p>Il ne s'agit pour la parlementaire que d'une mise en bouche. Au fil des mois, toutes ses illusions tombent une à une comme feuilles d'automne. Elle croise des députés affairistes, près de leurs sous ou lointains, d'autres qui sont portés sur la boisson… Le président Hollande et le gouvernement déçoivent l'idéaliste qu'elle est tout autant que le comportement de son propre groupe politique, dont elle va divorcer. <i>«<small class="fine"> </small>Je n'avais jamais imaginé une seule seconde qu'<span class="caps">EELV</span> devait rester sagement un satellite du <span class="caps">PS</span>. Si ce dernier mettait en discussion à l'Assemblée des projets de loi si proches de la droite sarkozyste, comment pouvions-nous imaginer les voter, sous prétexte que nous appartenions à la majorité<small class="fine"> </small>?<small class="fine"> </small>»</i> écrit-elle. Les débats parlementaires sont <i>«<small class="fine"> </small>des pièces de théâtre<small class="fine"> </small>»,</i> des pièces de boulevard plutôt, <i>«<small class="fine"> </small>où tout le monde à la fin</i> [se tape] <i>dans le dos autour d'un verre à la buvette<small class="fine"> </small>»</i>. Qu'elle ait tenté malgré tout de conserver son siège n'est pas le moindre des paradoxes…</p> <dl class='spip_document_28394 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/piotr_alekseyevich_kropotkin.jpg' title='Pierre (Piotr) Alexeïevitch Kropotkine (1842-1921).' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L385xH500/piotr_alekseyevich_kropotkin-5ed23.jpg?1573851779' width='385' height='500' alt='' /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/piotr_alekseyevich_kropotkin.jpg' width='385' height='500' alt='' /></noscript></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'><strong>Pierre (Piotr) Alexeïevitch Kropotkine (1842-1921).</strong></dt> </dl> <p>Battue dans les urnes, elle se reconstruit politiquement vaille que vaille, recouvre sa liberté, et embrasse une nouvelle cause. Ce sera l'anarchisme, mais l'anarchisme façon <span class="caps">XXI</span><sup class="typo_exposants">e</sup> siècle, plongeant ses racines dans les doctrines du <span class="caps">XIX</span><sup class="typo_exposants">e</sup> siècle mais faisant la part belle à l'écologie et au féminisme.</p> <p>Cette quête constitue le fil conducteur du livre. À la faveur de lectures variées et de films documentaires (dont le remarquable <i>Ni Dieu ni maître,</i> de Tancrède Ramonet), Isabelle Attard nous entraîne dans sa découverte des principales figures de l'anarchie, qu'elles en aient posé les fondations idéologiques ou l'aient mis en œuvre. Ressurgissent ainsi sous sa plume <a href='https://reporterre.net/La-cooperation-fait-plus-pour-l-evolution-que-la-competition' class='spip_in'>la figure historique de Pierre Kropotkine</a>, un penseur russe incontournable, pourchassé partout en Europe, le révolutionnaire ukrainien Nestor Makhno (dont Joseph Kessel a fait un portrait à charge indigne dans un bref opus, <i>Makno et sa juive</i>) en passant par les anarchistes espagnols.</p> <h3 class="spip">Il est vain d'attendre un Grand Soir qui ne viendra pas ou qui sera récupéré et perverti </h3> <p>Mais Isabelle Attard ne se contente pas de faire resurgir des fantômes oubliés. Dans un chapitre intitulé "L'anarchie, ça marche", elle s'efforce de montrer l'actualité de la doctrine. Et de citer (outre les expérimentations microscopiques) le cas du Chiapas, dans le sud du Mexique, où <i>«<small class="fine"> </small>le peuple commande, le gouvernement obéit<small class="fine"> </small>»,</i> le Rojava où, sous l'égide des Kurdes du nord de la Syrie, <i>«<small class="fine"> </small>une aspiration à construire une société libérée de l'autoritarisme, du militarisme, du centralisme et de l'intervention religieuse dans les affaires publiques<small class="fine"> </small>»</i> a vu le jour. Dernière illustration d'envergure, Notre-Dame-des-Landes avec sa Zad, <i>«<small class="fine"> </small>haut lieu de l'expérimentation sociale<small class="fine"> </small>»</i>. Si l'autrice se garde, comme elle l'écrit, d'idéaliser l'expérience de Notre-Dame-des-Landes, celle-ci <i>«<small class="fine"> </small>restera porteuse d'espoirs, d'entraide et de coopération. Elle est devenue le symbole, au-delà de nos frontières, de l'autogestion et du respect de la Terre<small class="fine"> </small>»</i>.</p> <p>De ce chapelet d'expérimentations plus ou moins réussies, Isabelle Attard retient en définitive une leçon : il est vain d'attendre un Grand Soir qui ne viendra pas ou qui sera récupéré et perverti. Ce qu'il faut, c'est avancer, lentement, laborieusement vers l'anarchie dont elle est convaincue qu'elle constitue <i>«<small class="fine"> </small>la seule pensée politique capable d'apporter une réponse (…) au monde post-capitalisme et post-effondrement<small class="fine"> </small>»</i>. À quand la fondation d'une seconde Internationale antiautoritaire<small class="fine"> </small>? La première date de 1872.</p> <hr class="spip" /><span class='spip_document_28387 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/arton18794.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L173xH300/arton18794-d4305.jpg?1573851780' width="173" height="1738.2658959538" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/arton18794.jpg' width="173" height="300" alt=""></noscript></a></span><ul class="spip"><li> <strong>Comment je suis devenue anarchiste</strong>, d'Isabelle Attard, <a href="http://www.seuil.com/ouvrage/comment-je-suis-devenue-anarchiste-isabelle-attard/9782021440355" class='spip_out' rel='external'>éditions Le Seuil-Reporterre</a>, octobre 2019, 160 p., 12 €.</li></ul> - <a href="https://reporterre.net/A-decouvrir" rel="directory">À découvrir</a> / <a href="https://reporterre.net/Culture-et-idees" rel="tag">Culture et idées</a>, <a href="https://reporterre.net/Politique" rel="tag">Politique</a>

La Maison des peuples ouverte à Paris XXe a été évacuée par la police
<img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L700xH467/arton19097-a1f3e.jpg?1573918744' width='700' height='467' /><p><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <strong>Actualisation</strong> <i>Lundi 18 novembre 2019 - 10 h 30</i> - Pour lire un récit plus détaillé sur l'installation et l'évacuation de la Maison des peuples ainsi que sur la journée de mobilisation des Gilets jaunes, <a href="https://reporterre.net/Gilets-jaunes-un-an-une-feroce-repression-contre-l-union-des-coleres">cliquez-ici</a>.</p> <p><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <strong>Actualisation</strong> <i>Dimanche 17 novembre 2019 - 19 h</i> - La Maison des peuples a été évacuée par la police dimanche à partir de 16 h. Récit complet (ainsi que des manifestations parisiennes de samedi) dans <i>Reporterre</i> demain lundi.</p> <hr class="spip" /> <p><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <i>Paris, reportage</i> (samedi 16 novembre au soir</i></p> <p>La première <i>«<small class="fine"> </small>Maison des peuples<small class="fine"> </small>»</i> s'est ouverte à Paris samedi 16 novembre au 102 bis rue de Bagnolet, dans le <span class="caps">XX</span><sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement vers 15 h. Alors que les affrontements entre Gilets jaunes et forces de police faisaient rage depuis midi place d'Italie, des militants ont décidé d'ouvrir cette Maison des peuples dans une ancienne salle de concerts appelée La Flèche d'or.</p> <span class='spip_document_28403 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/lucie_devant_affiche_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L700xH467/lucie_devant_affiche_v_1-c162c.jpg?1573935074' width="700" height="668.17142857143" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/lucie_devant_affiche_v_1.jpg' width="700" height="467" alt=""></noscript></a></span> <p>Celle-ci était vide depuis deux ans. L'occupation a été préparée depuis quelques semaines par un collectif de 23 groupes représentant des Gilets jaunes, des écologistes, des militants pour l'accueil des migrants, militants queer, des mal-logés, etc. Le but était de marquer le premier anniversaire de la révolte des Gilets jaunes avec l'inauguration de cette maison qui a vocation à rester ouverte et accueillante.</p> <span class='spip_document_28399 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/image3_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/image3_v_1-378c2.jpg?1573917522' width="720" height="668.72" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/image3_v_1.jpg' width="1000" height="668" alt=""></noscript></a></span> <p>Quand les journalistes de <i>Reporterre</i> sont arrivés vers 15 h, une quarantaine de personnes préparaient l'occupation en déchargeant des vivres, des matelas et quelques ustensiles pour la vie quotidienne (cuisine et hygiène). Selon Loïc Canitrot, de la compagne de théâtre Jolie Môme, investi dans ce collectif, <i>«<small class="fine"> </small>l'idée est d'avoir un lieu ouvert pour se retrouver, discuter et s'organiser ensemble à l'abri des violences et des oppressions. Tout le monde est invité à nous rejoindre.<small class="fine"> </small>»</i></p> <p>Comme le lieu était habité depuis plus de 48 h, il n'est en principe pas expulsable sans une décision de justice. Un représentant de la société propriétaire du lieu, Keystone Fleche, venu en début de soirée, a indiqué à <i>Reporterre</i> qu'un huissier allait venir <i>«<small class="fine"> </small>constater l'occupation illicite des lieux<small class="fine"> </small>»</i>. Il a pris rendez-vous lundi matin avec des membres du collectif.</p> <p>Aux alentours de 19 h, plusieurs centaines de personnes étaient déjà présentes. Une première assemblée générale s'est tenue. Les principes qui guident le collectif organisateur ont été présentés : anticapitalisme, antiracisme et antisexisme. Plusieurs commissions ont été constituées : communication, animation, logistique et accueil.</p> <p>Les activités s'organisaient dans une atmosphère chaleureuse, avec un Infokiosque et une cantine à prix libre.</p> <span class='spip_document_28404 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/cantine_2_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L700xH467/cantine_2_v_1-f6590.jpg?1573935075' width="700" height="668.17142857143" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/cantine_2_v_1.jpg' width="700" height="467" alt=""></noscript></a></span> <p>Plusieurs dizaines de personnes devaient dormir dans le lieu pour commencer l'occupation durable.</p> <p>Un des aspects de la Maison des peuples est aussi de lutter contre l'embourgoisement du quartier. Le site de La Flèche d'or a en effet été racheté par la filiale <a href="http://entreprises.lefigaro.fr/keystone-fleche-75/entreprise-841694276" class='spip_out' rel='external'>Keystone Flèche</a>, filiale d'un grand groupe d'investissement international, <a href="https://www.keys-am.com/" class='spip_out' rel='external'>Keys <span class="caps">AM</span></a>, qui présente La Flèche d'or parmi ses actifs.</p> <span class='spip_document_28402 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/png/keystone_et_fle_che_d_or.png' type="image/png"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L600xH248/keystone_et_fle_che_d_or-f7597.png?1573935076' width="600" height="414.53333333333" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/png/keystone_et_fle_che_d_or.png' width="600" height="248" alt=""></noscript></a></span> <p>En fait, le site est une ancienne gare de la ligne de la Petite ceinture. <i>«<small class="fine"> </small>Elle était utilisée tous les jours par les travailleurs et les ouvriers du quartier<small class="fine"> </small>»</i>, dit une membre de la commission communication. <i>«<small class="fine"> </small>Cette privatisation est en fait l'appropriation d'un bien commun qui pourrait être utilisé au bénéfice de tous.<small class="fine"> </small>»</i> En face de La Maison des peuples se trouve le Mama Shelter, un hôtel de luxe appartenant <a href="https://www.professioncgp.com/article/les-acteurs/fournisseurs/cyril-garreau-keys-am-nous-gerons-actuellement-un-milliard-deuros-dactifs-immobiliers.html" class='spip_out' rel='external'>à Keys Am et au groupe Accor</a>. L'installation de la Maison du peuple pose ainsi un défi contre la gentrification d'un quartier encore populaire de Paris, mais dont sont peu à peu chassés les moins fortunés.</p> <hr class="spip" /><h3 class="spip">Le tract des initiateurs de la Maison des peuples</h3><span class='spip_document_28401 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/banderole_e_colos_etc._v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH471/banderole_e_colos_etc._v_1-118e8.jpg?1573918822' width="720" height="654.72" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/banderole_e_colos_etc._v_1.jpg' width="1000" height="654" alt=""></noscript></a></span> <p><i>Voici le texte du communiqué recueilli sur place par les journalistes de </i>Reporterre :</p> <p>«<small class="fine"> </small>Rejoignez-nous dès maintenant au 102 bis rue de Bagnolet, à Paris.</p> <p>La Maison des peuples (anciennement Flèche d'or) ouvre ses portes et vous attend.</p> <p>Pour partager le <i>"banquet de l'Élysée"</i>, pour discuter, nous remettre de cette journée de manifestations, pour faire un bilan de ce jour, ces semaines et cet an de mobilisations... et surtout préparer les jours, les semaines qui viennent<small class="fine"> </small>!</p> <p>Pensez à apporter un matelas + duvet, une eco-cup, des provisions pour le banquet et toute votre bonne humeur<small class="fine"> </small>!</p> <p>Parmi les premiers arrivés vous attendent déjà... les Gilets Jaunes Rungis <span class="caps">IDF</span>, Gilets jaunes de Pantin, Extinction Rebellion Ile de France/Paris, la Fanfare Invisible, Plein le dos, <span class="caps">CLAQ</span> (Comité de Libération et d'Autonomie Queer), Désobéissance Ecolo Paris, Droit au logement, Assemblée citoyenne des Gilets jaunes de la Plaine Saint Denis, Radiaction, Youth For Climate Paris, Ce jaunes de Montreuil, Attac France, Gilets Jaunes place des fêtes...</p> <p>A partir de ces 16 et 17 novembre, nous, Gilets jaunes, militant.es écologistes, accueillant.es de migrant.es, transpédégouines, mal-logé.es, soignant.es aménageons en Maison Des Peuples l'ancienne flèche d'or, 102 rue de Bagnolet à Paris.</p> <p>Cet espace vide depuis deux ans - alors que tant de personnes dorment à la rue-, mais habité depuis plusieurs jours maintenant, va trouver une utilité auprès des collectifs, des mobilisations, des Parisien.n.e.s, des banlieusard.e.s et de celleux venus de beaucoup plus loin qui ont besoin d'espaces pour réfléchir, discuter, organiser et agir ensemble.</p> <p>Ces derniers mois nous nous sommes rencontré.e.s dans les luttes. Chacun.e est arrivé avec ses thématiques et ses pratiques, nous sommes tout.e.s reparti.es avec la conviction que nous sommes complémentaires et enrichi.es par ces rencontres.</p> <p>Les violences, les oppressions, les menaces qui nous touchent ont en commun d'être les conséquences directes d'une capitalisme de plus en plus autoritaire.</p> <p>Nous voyons ce système prêt à abandonner ses apparences démocratiques, à éliminer ou corrompre ce qu'il présentait autrefois domme des contre-pouvoirs. Obsédé par le profit, il a renoncé depuis longtemps à préserver un avenir pour les plueples, pour les espèces vivantes, y compris peut-être pour lui–même…</p> <p>Nous cessons de vouloir le raisonner et construisons nos propres laboratoires, accueillants et inventifs, pour créer des rapports respectueux, dénués d'exploitation , privilégiant l'intelligence collective, les diversité culturelles, la justice, l'éducation populaire, la prise en compte de la globalité du Monde et toute démarches privilégiant la construction commune à long terme.</p> <p>Parce que nos gilets ont jaunes, noirs, verts, rouges, oranges, violets… ou parce que nous sommes sans-gilet, nous invitons tous les peuples, en réflexion, en expression et en action. Cette Maison des peuples est une action parmi d'innombrables initiatives qui fleurissent partout dans le pays et dans le monde.</p> <p>Venez nous rejoindre et participez. Notre rêve est reconductible et ne manquera pas de s'enrichir des mobilisations syndicales du mois de décembre. On construit et on lutte tous.tes ensemble<small class="fine"> </small>!<small class="fine"> </small>»</p> <span class='spip_document_28400 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/tract_maison_des_peuples_16_nov_2019_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L543xH770/tract_maison_des_peuples_16_nov_2019_v_1-4c851.jpg?1573917523' width="543" height="1419.3738489871" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/tract_maison_des_peuples_16_nov_2019_v_1.jpg' width="543" height="770" alt=""></noscript></a></span> - <a href="https://reporterre.net/Reportage" rel="directory">Reportage</a> / <a href="https://reporterre.net/Gilets-jaunes" rel="tag">Gilets jaunes</a>

Les Gilets jaunes ouvrent une Maison des peuples à Paris XXe
<img class='spip_logo spip_logos' alt="" src='https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L700xH467/arton19097-a1f3e.jpg?1573918744' width='700' height='467' /><p><img src='https://reporterre.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> <i>Paris, reportage</i></p> <p>La première <i>«<small class="fine"> </small>maison des peuples<small class="fine"> </small>»</i> s'est ouverte à Paris samedi 16 novembre au 102 bis rue de Bagnolet, dans le <span class="caps">XX</span><sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement vers 15 h. Alors que les affrontements entre Gilets jaunes et forces de police faisaient rage depuis midi place d'Italie, des militants ont décidé d'ouvrir une <i>«<small class="fine"> </small>maison des peuples<small class="fine"> </small>»</i> dans une ancienne salle de concerts appelée <i>«<small class="fine"> </small>La Flèche d'or<small class="fine"> </small>»</i>.</p> <span class='spip_document_28403 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/lucie_devant_affiche_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L700xH467/lucie_devant_affiche_v_1-c162c.jpg?1573935074' width="700" height="668.17142857143" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/lucie_devant_affiche_v_1.jpg' width="700" height="467" alt=""></noscript></a></span> <p>Celle-ci était vide depuis deux ans. L'occupation a été préparé depuis quelques semaines par un collectif de 23 groupes représentant des Gilets jaunes, des écologistes, des militants pour l'accueil des migrants, militants queer, des mal-logés, etc. Le but était de marquer le premier anniversaire de la révolte des Gilets jaunes avec l'inauguration de cette maison qui a vocation à rester ouvert et accueillante.</p> <span class='spip_document_28399 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/image3_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH481/image3_v_1-378c2.jpg?1573917522' width="720" height="668.72" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/image3_v_1.jpg' width="1000" height="668" alt=""></noscript></a></span> <p>Quand les journalistes de <i>Reporterre</i> sont arrivés vers 15 h, une quarantaine de personnes préparaient l'occupation en déchargeant des vivres, des matelas et quelques ustensiles pour la vie quotidienne (cuisine et hygiène). Selon Loïc Canitrot, de la compagne de théâtre Jolie Môme, investi dans ce collectif, <i>«<small class="fine"> </small>L'idée est d'avoir un lieu ouvert pour se retrouver, discuter et s'organiser ensemble à l'abri des violences et des oppressions. Tout le monde est invité à nous rejoindre.<small class="fine"> </small>»</i></p> <p>Comme le lieu était habité depuis plus de 48 h, il n'est en principe pas expulsable sans une décision de justice. Selon ce qu'a indiqué à <i>Reporterre</i> un représentant de la société propriétaire du lieu, Keystone Fleche, qui est venu en début de soirée.</p> <p>Ce représentant a indiqué qu'un huissier allait venir <i>"constater l'occupation illicite des lieux"</i>. Il a pris rendez-vous lundi matin avec des membres du collectif.</p> <p>Aux alentours de 19 h, plusieurs centaines de personnes étaient déjà présentes. Une première assemblée générale s'est tenue. Les principes qui guident le collectif organisateur ont été présentés : anticapitalisme, antiracisme et antisexisme. Plusieurs commissions ont été constituées : communication, animation, logistique et accueil.</p> <p>Les activités s'organisaient dans une atmosphère chaleureuse, avec un Infokiosque et une cantine à prix libre.</p> <span class='spip_document_28404 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/cantine_2_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L700xH467/cantine_2_v_1-f6590.jpg?1573935075' width="700" height="668.17142857143" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/cantine_2_v_1.jpg' width="700" height="467" alt=""></noscript></a></span> <p>Plusieurs dizaines de personnes devaient dormir dans le lieu pour commencer l'occupation durable.</p> <p>Un des aspects de la Maison des peuples est aussi de lutter contre l'embourgoisement du quartier. Le site de La Flèche d'or a en effet été racheté par la filiale <a href="http://entreprises.lefigaro.fr/keystone-fleche-75/entreprise-841694276" class='spip_out' rel='external'>Keystone Flèche</a>, filiale d'un grand groupe d'investissement international, <a href="">Keys <span class="caps">AM</span></a>, qui présente La Flèche d'or parmi ses actifs.</p> <span class='spip_document_28402 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/png/keystone_et_fle_che_d_or.png' type="image/png"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L600xH248/keystone_et_fle_che_d_or-f7597.png?1573935076' width="600" height="414.53333333333" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/png/keystone_et_fle_che_d_or.png' width="600" height="248" alt=""></noscript></a></span> <p>En fait, le site est une ancienne gare de la ligne de la Petite ceinture. <i>«<small class="fine"> </small>Elle était utilisée tous les jours par les travailleurs et les ouvriers du quartier<small class="fine"> </small>»</i>, dit une membre de la commission communication. <i>«<small class="fine"> </small>Cette privatisation est en fait l'appropriation d'un bien commun qui pourrait être utilisé au bénéfice de tous.<small class="fine"> </small>»</i> En face de La Maison des peuples se trouve le Mama Shelter, un hôtel de luxe appartenant <a href="https://www.professioncgp.com/article/les-acteurs/fournisseurs/cyril-garreau-keys-am-nous-gerons-actuellement-un-milliard-deuros-dactifs-immobiliers.html" class='spip_out' rel='external'>à Keys Am et au groupe Accor</a>. L'installation de la Maison du peuple pose ainsi un défi contre la gentrification d'un quartier encore populaire de Paris, mais dont sont peu à peu chassés les moins fortunés.</p> <hr class="spip" /><h3 class="spip">Le tract des initiateurs de la Maison des peuples</h3><span class='spip_document_28401 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/banderole_e_colos_etc._v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L720xH471/banderole_e_colos_etc._v_1-118e8.jpg?1573918822' width="720" height="654.72" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/banderole_e_colos_etc._v_1.jpg' width="1000" height="654" alt=""></noscript></a></span> <p><i>Voici le texte du communiqué recueilli sur place par les journalistes de </i>Reporterre :</p> <p>«<small class="fine"> </small>Rejoignez-nous dès maintenant au 102 bis rue de Bagnolet, à Paris.</p> <p>La Maison des peuples (anciennement Flèche d'or) ouvre ses portes et vous attend.</p> <p>Pour partager le <i>"banquet de l'Élysée"</i>, pour discuter, nous remettre de cette journée de manifestations, pour faire un bilan de ce jour, ces semaines et cet an de mobilisations... et surtout préparer les jours, les semaines qui viennent<small class="fine"> </small>!</p> <p>Pensez à apporter un matelas + duvet, une eco-cup, des provisions pour le banquet et toute votre bonne humeur<small class="fine"> </small>!</p> <p>Parmi les premiers arrivés vous attendent déjà... les Gilets Jaunes Rungis <span class="caps">IDF</span>, Gilets jaunes de Pantin, Extinction Rebellion Ile de France/Paris, la Fanfare Invisible, Plein le dos, <span class="caps">CLAQ</span> (Comité de Libération et d'Autonomie Queer), Désobéissance Ecolo Paris, Droit au logement, Assemblée citoyenne des Gilets jaunes de la Plaine Saint Denis, Radiaction, Youth For Climate Paris, Ce jaunes de Montreuil, Attac France, Gilets Jaunes place des fêtes...</p> <p>A partir de ces 16 et 17 novembre, nous, Gilets jaunes, militant.es écologistes, accueillant.es de migrant.es, transpédégouines, mal-logé.es, soignant.es aménageons en Maison Des Peuples l'ancienne flèche d'or, 102 rue de Bagnolet à Paris.</p> <p>Cet espace vide depuis deux ans - alors que tant de personnes dorment à la rue-, mais habité depuis plusieurs jours maintenant, va trouver une utilité auprès des collectifs, des mobilisations, des Parisien.n.e.s, des banlieusard.e.s et de celleux venus de beaucoup plus loin qui ont besoin d'espaces pour réfléchir, discuter, organiser et agir ensemble.</p> <p>Ces derniers mois nous nous sommes rencontré.e.s dans les luttes. Chacun.e est arrivé avec ses thématiques et ses pratiques, nous sommes tout.e.s reparti.es avec la conviction que nous sommes complémentaires et enrichi.es par ces rencontres.</p> <p>Les violences, les oppressions, les menaces qui nous touchent ont en commun d'être les conséquences directes d'une capitalisme de plus en plus autoritaire.</p> <p>Nous voyons ce système prêt à abandonner ses apparences démocratiques, à éliminer ou corrompre ce qu'il présentait autrefois domme des contre-pouvoirs. Obsédé par le profit, il a renoncé depuis longtemps à préserver un avenir pour les plueples, pour les espèces vivantes, y compris peut-être pour lui–même…</p> <p>Nous cessons de vouloir le raisonner et construisons nos propres laboratoires, accueillants et inventifs, pour créer des rapports respectueux, dénués d'exploitation , privilégiant l'intelligence collective, les diversité culturelles, la justice, l'éducation populaire, la prise en compte de la globalité du Monde et toute démarches privilégiant la construction commune à long terme.</p> <p>Parce que nos gilets ont jaunes, noirs, verts, rouges, oranges, violets… ou parce que nous sommes sans-gilet, nous invitons tous les peuples, en réflexion, en expression et en action. Cette Maison des peuples est une action parmi d'innombrables initiatives qui fleurissent partout dans le pays et dans le monde.</p> <p>Venez nous rejoindre et participez. Notre rêve est reconductible et ne manquera pas de s'enrichir des mobilisations syndicales du mois de décembre. On construit et on lutte tous.tes ensemble<small class="fine"> </small>!<small class="fine"> </small>»</p> <span class='spip_document_28400 spip_documents spip_documents_center'> <a href='https://reporterre.net/IMG/jpg/tract_maison_des_peuples_16_nov_2019_v_1.jpg' type="image/jpeg"><img class="lazy" data-original='local/cache-vignettes/L543xH770/tract_maison_des_peuples_16_nov_2019_v_1-4c851.jpg?1573917523' width="543" height="1419.3738489871" alt="" /><noscript><img src='https://reporterre.net/IMG/jpg/tract_maison_des_peuples_16_nov_2019_v_1.jpg' width="543" height="770" alt=""></noscript></a></span> - <a href="https://reporterre.net/Reportage" rel="directory">Reportage</a> / <a href="https://reporterre.net/Gilets-jaunes" rel="tag">Gilets jaunes</a>



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