Energie renouvelable

Librairie Boutique énergies renouvelables

Une énergie renouvelable est une énergie exploitée par l’Homme, de telle manière que ses réserves ne s’épuisent pas.

 

Actualité


Mode d'emploi du Club des lecteurs de Reporterre

L'objectif de cet article est de répondre aux questions que vous vous posez peut-être concernant le Club des lecteurs de Reporterre.

Qu'est-ce que c'est ?

Avant toute chose, il semble bon de revenir sur ce qu'est ce fameux Club. C'est un espace dans lequel vous pouvez retrouver plusieurs services :

  • un espace Actualité de Reporterre : il vous permet d'avoir accès aux dernières informations que nous tenons à partager avec vous. Nous y publierons des événements, des sorties de livres, des vidéos que nous aimons ou que nous avons produites, bref tout ce qui nous parait pertinent à connaître ;
  • un espace Dernier article : grâce à lui, vous pouvez suivre notre travail de très près, vous y retrouverez le dernier article que nous avons publié sur le site ;
  • un espace Il y a un an : il vous permet de prendre du recul sur l'actualité, en vous montrant un article que nous avons écrit il y a un an. Ainsi, vous pourrez comparer les différentes actualités et remarquer les questions qui sont récurrentes ;
  • un espace Mes dossiers : vous avez envie de garder certains articles près de vous ? Pouvoir les relire régulièrement ? Vous allez adorer cet espace. Il vous permet de créer les dossiers que vous voulez pour garder en archives des articles de Reporterre et les retrouver facilement ;
  • un espace Forum : vous avez envie d'interagir avec les autres membres du Club ? C'est désormais possible grâce à notre espace Forum. Vous pourrez y interagir avec notre équipe si vous avez des questions de fonctionnement ou bien partager ce qui vous intéresse. Des questions techniques aux questions de fond, elles sont toutes les bienvenues !

Qui peut y avoir accès ?

Le Club des lecteurs est accessible à tous les soutiens de Reporterre pour une durée de 365 jours après leur don.

Comment puis-je me connecter ?

Pour se connecter, il vous suffit de vous rendre à l'adresse suivante
Vous trouverez alors deux blocs. Le premier, à gauche, si vous avez déjà vos identifiants et votre mot de passe. Le deuxième, à droite, en cas de première connexion au Club pour vous ouvrir un compte. Vous obtiendrez votre premier mot de passe par courriel en renseignant votre adresse dans la case prévue et en cliquant sur valider (vous pourrez changer le mot de passe par la suite si vous le désirez en vous rendant dans l'espace Mon compte).

Attention, un soutien ne donne pas instantanément un accès au Club, il faut nous laisser le temps de l'intégrer à la base de données. Pour les chèques, un délai d'environ 15 jours est à prévoir. Pour les virements ou les paiements par Okpal, cela peut prendre jusqu'à une semaine. Nous sommes une petite équipe et tout gérer prend du temps, nous vous remercions de votre compréhension.

à bientôt sur le Club des lecteurs,

L'équipe de Reporterre.



Où en est-on des nouveaux OGM ?

Mathilde Théry est chargée de campagne à la Fondation pour la Nature et l'Homme.



Robin, mutilé par une grenade, écrit à Maxime, qui a perdu sa main sur la Zad : « La solidarité est notre arme »

En août 2017, à Bure, Robin a été grièvement blessé au pied par une grenade. Il écrit à Maxime, dont la main a été arrachée par une grenade sur la Zad. « La solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter. La vie continue, le combat pour elle aussi. Maxime, tiens bon ! »

Pour Maxime, mutilé sur la Zad le 22 mai 2018 — lettre de Robin, mutilé à Bure le 15 août 2017.

Mettre des mots sur l'horreur.
Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d'État.
Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner.

Ne pas se laisser écraser par le concert d'opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu'elle devrait spontanément engendrer.
Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours.

Il rejoint bien plus gravement encore l'enfer que j'ai vécu durant 9 mois.
Le 15 août 2017, à Bure, l'explosion d'une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13 cm et jusqu'à 3 cm de profondeur, arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C'était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d'enfouissement de déchets radioactifs à 500 m de profondeur. Il y a eu 30 blessés, dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent de la TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1 m de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de « lacrymogènes » ou d'« assourdissantes » que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

L'État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu'un tir à balle réelle.

Déjà, à l'époque, j'avais alerté sur les dangers des grenades explosives en organisant une manifestation pour exiger leur interdiction mais les grandes chaînes ont cantonné l'information à la région lorraine. La majorité des Français ignore encore la vérité sur ce sujet.

Il est tombé près de 4.000 grenades explosives sur la Zad depuis le début de son invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et des centaines de blessés, notamment à cause des éclats de métal qu'elles projettent. Où est la violence ?

Maxime est actuellement à l'hôpital.

Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit et jour, il devra désormais supporter ce handicap inimaginable : vivre avec une seule main.

Cette main, que l'explosion lui a arrachée sur le coup, l'État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de l'ordre a fait couler trop de sang.
Combien d'éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par l'utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ?

La violence de l'État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche à nous terroriser, à nous acculer à la résignation. Face à cela, la solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter.

Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime, prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez !

La vie continue, le combat pour elle aussi.
Maxime, tiens bon !


Source : courriel à Reporterre

Photo : Robin Pagès, le 10 septembre 2017 (© Irène Gunepin).

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n'est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.



Dans la Vienne, la ferme-usine sera… bio

Dans la Vienne, deux éleveurs adossés à des investisseurs projettent la construction d'une ferme-usine de porcs… bio. Sur place, les opposants s'interrogent sur le dévoiement de la filière et mettent en avant la mainmise de la grande distribution sur ce projet.

  • Charroux (Vienne), reportage

Des bottes de paille ornées de pancartes « Non à la porcherie industrielle », des tags similaires inscrits sur une route menant à la commune, une réunion publique houleuse tenue fin janvier... Depuis quelques mois à Charroux, petite commune d'environ 1.100 habitants, le projet d'implantation d'un site d'engraissement de porcs bio est loin de faire l'unanimité. Si l'agriculture biologique y occupe déjà plus du quart des surfaces cultivables, l'engraissement de milliers de cochons sur un site unique inquiète.

La porcherie devrait en effet accueillir 1.974 porcelets pendant environ quatre mois et demi, soit près de 6.000 bêtes par an. « Ce sera l'un des plus gros élevages porcins bio de France », se félicite déjà Sébastien Nauleau, l'un des porteurs du projet, à la tête d'une exploitation de 200 vaches laitières et de veaux bio à Charroux. Pour lui et Christian Rousseau, également éleveur de vaches laitières en bio, la mise en place de ce projet correspond à une « réalité économique » et à un attrait des consommateurs pour la viande bio. « On peut comprendre que la taille interroge mais il y a une demande de plus en plus importante de la société, et nous devons y répondre, au risque de continuer d'importer de la viande de porc d'Allemagne ou de Pologne. Il faut se donner les moyens de produire davantage de viande bio en France », justifient-ils. Pourtant, selon l'Agence bio, plus de 90 % des produits de porc bio consommés en France en 2016 étaient produits en France. Si la demande est forte, l'offre est donc déjà là.

En réalité, le projet s'inscrit surtout dans le cadre d'un accord signé avec Agromousquetaires, le pôle agroalimentaire du groupe Mousquetaires, qui gère l'enseigne Intermarché. Le contrat, d'une durée de douze ans, prévoit la vente de l'ensemble des porcs au groupe industriel sur la base du prix de marché en cours au moment de la livraison des porcs. Par ailleurs, l'abattoir choisi, à La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), est géré par la société Gâtine viandes, une filiale d'Agromousquetaires. L'enseigne de la grande distribution tient donc un rôle de choix dans ce projet.

« On nous le vend comme étant local, en réalité il est sous le contrôle d'éleveurs bretons et de la grande distribution » 

La quarantaine de membres du collectif d'opposants à la porcherie de Charroux, pour la plupart agriculteurs bio sur la commune et autour, s'offusque d'un projet qu'ils ont découvert sur le tard et qui n'a pas fait l'objet d'une enquête d'utilité publique, le seuil pour y être soumis étant fixé à 2.000 places. Une simple consultation publique du dossier a eu lieu en janvier dernier. « On en avait entendu parler ces derniers mois mais sans connaître l'ampleur du projet, explique Jacques Arnaud, membre du collectif. Personne n'a vraiment été informé avant une réunion publique fin janvier, que nous avons nous-mêmes organisée. » Une réunion tendue à laquelle ont aussi participé les porteurs du projet, venus le défendre. « à la fin de la réunion, une majorité de l'assistance était favorable à la porcherie, admettent les opposants. Ils ont surtout retenu le fait que ça va amener de la main-d'œuvre sur la commune. » Selon les futurs gérants, le site emploiera deux personnes sur place (huit salariés sur l'ensemble du projet).

Le montage du dossier, qui fait intervenir différentes sociétés basées à plusieurs endroits, pose aussi question. Le projet global sera porté par la SARL Les Pins, créée pour l'occasion et domiciliée à Charroux. Mais elle est détenue à 60 % par la SA La Vilaine, qui regroupe des éleveurs porcins bretons en conventionnel. Les deux exploitants de Charroux possèdent 30 % du capital de la SARL, enfin 10 % sont détenus par Joseph Marquet, éleveur breton et président de l'abattoir où seront abattus les cochons. Une hydre à plusieurs têtes qui inquiète les opposants au projet de porcherie industrielle de Charroux. « On nous le vend comme étant local, en réalité il est sous le contrôle d'éleveurs bretons et de la grande distribution. Comme dans le conventionnel, ce sont des trusts qui mettent la main sur l'agriculture biologique », lâchent-ils. Au total, le coût de ce projet est d'environ 6,5 millions d'euros (8 millions en incluant les besoins de fonds de roulement), dont 2,5 millions pour la construction du site de Charroux.

Une partie du collectif des opposants à la porcherie industrielle de Charroux.

Le projet ne se limite pas à Charroux : en plus du site d'engraissement prévu dans la Vienne, une autre structure est en cours d'installation à Derval, en Loire-Atlantique. Elle accueillera d'une part 530 truies pour les naissances des porcelets, et une partie de l'engraissement des cochons (environ 5.000 à l'année). « Les porcs vont voyager : ils naîtront en Loire-Atlantique, seront engraissés pendant quatre mois et demi à Charroux avant d'être finalement abattus en Ille-et-Vilaine, résume Nicolas Fortin, porte-parole de la Confédération paysanne de la Vienne. Ce modèle menace clairement le lien au sol. » Les deux agriculteurs pourront directement valoriser sur place leurs céréales bio en les utilisant comme aliments pour les porcs. Mais le site de Derval, lui, n'aura pas une autonomie alimentaire suffisante. « Une partie des céréales produites à Charroux devra donc être envoyée en Loire-Atlantique, il n'y a aucune cohérence », selon Nicolas Fortin, de la Confédération paysanne.

Certains habitants de Charroux s'inquiètent des nuisances environnementales que la porcherie pourrait causer, en particulier les odeurs liées à l'épandage du fumier. « Le fumier sera épandu sur des parcelles autour du site, et sur trois communes au total. Ce fumier sera composté, ça ne sentira pas », assure Christian Rousseau. Les risques sanitaires liés à une concentration importante sont aussi à prendre en compte, selon Nicolas Fortin. « Le cahier des charges bio limite le recours aux antibiotiques et n'oblige pas les traitements préventifs. Pour la partie naissage notamment [à Derval], avec 530 truies, on est davantage exposé à des risques d'épidémies que quand on en a 60 », explique le responsable syndical, lui-même producteur de porcs bio.

« On aurait évidemment préféré dix élevages de quelques dizaines de porcs plutôt que celui-là » 

« Il n'y a pas d'alternative, soit on garde une production de niche, soit on décide de proposer des produits bio à l'ensemble de la population. Il y a de la place pour tout le monde, des petites exploitations mais aussi des sites plus importants comme celui-là. Il ne faut pas opposer les modèles », répète à l'envi Sébastien Nauleau. Depuis quelques mois, les relations sont tendues entre les protagonistes, qui se connaissent depuis longtemps. Mais au-delà des conflits de personnes, l'implantation de cette future porcherie pose des questions sur le modèle de l'agriculture bio. « On veut arriver à convaincre qu'il ne s'agit pas seulement de trois agriculteurs dans leur coin qui sont contre parce qu'ils vont subir les odeurs. C'est plus profond que ça », estime Jacques Arnaud. Les opposants dénoncent en effet « l'alibi de la bio » pour ce qui relève en réalité d'un véritable projet industriel, calqué sur le modèle conventionnel. « Être agriculteur bio, ce n'est pas simplement donner à manger des céréales bio à ses cochons, c'est une philosophie plus globale, comme favoriser le plein air, rester à une échelle raisonnable », affirme Pierre Grolleau, agriculteur bio à la retraite.

Les porteurs du projet insistent sur le fait que le cahier des charges de l'agriculture biologique sera parfaitement respecté. « L'espace par tête sera au minimum de 2 m², contre 0,75 m² en conventionnel. Les cochons seront sur de la paille et non pas des caillebotis [des dalles en béton], comme c'est très souvent le cas en conventionnel », assure Sébastien Nauleau. Si le projet respecte le cahier des charges, son bien-fondé n'en est pas moins discutable. Pour la Confédération paysanne, il incarne le dévoiement d'une certaine idée de l'agriculture biologique. « Le risque est grand de voir la bio partir dans les mêmes travers que l'élevage porcin conventionnel, très industrialisé », s'inquiète Nicolas Fortin, porte-parole de la Confédération paysanne de la Vienne. Même si les avis sont nuancés au sein du syndicat, le contrat de douze ans passé avec Agromousquetaires étant vu positivement par une partie des membres, ce type d'élevage « va contre le modèle paysan que nous défendons, d'une taille humaine et où l'agriculteur serait au centre de son travail, poursuit Nicolas Fortin. Là, le projet est entre les mains d'apporteurs de capitaux et repose uniquement sur du travail salarié pour des tâches parfois peu valorisantes. On aurait évidemment préféré dix élevages de quelques dizaines de porcs plutôt que celui-là ».

La construction du site de Charroux devrait démarrer au cours de cette année selon les porteurs du projet, qui attendent une autorisation préfectorale. Le collectif d'opposants, lui, entend contester jusqu'au bout la construction de cette porcherie géante, symbole de la fuite en avant d'une filière porcine bio tournée vers le productivisme.

Source : Clément Barraud pour Reporterre

Photos : © Clément Barraud/Reporterre



CINÉMA - « Nous sommes l'humanité » : portrait d'une société unique et harmonieuse

Le film « Nous sommes l'Humanité », d'Alexandre Dereims, raconte, pour la première fois, l'histoire des derniers des premiers humains vivants sur notre terre : les Jarawas, venus d'Afrique en Asie, il y a 70.000 ans.

  • Présentation du film par son producteur :

Quelque part sur notre planète, il existe encore un endroit secret, isolé du reste du monde. Le dernier paradis encore intact où les premiers humains vivent toujours de la même façon depuis le début de l'Humanité. Ils s'appellent les Jarawas. Ils ne sont plus que 400. Aujourd'hui, notre monde est sur le point de le faire disparaître.

""

Nous sommes l'Humanité raconte, pour la première fois, l'histoire des derniers des premiers humains vivants sur notre terre : les Jarawas. Ils sont venus d'Afrique en Asie, il y a 70.000 ans. Ils vivent dans un endroit oublié, un territoire interdit sur une île paradisiaque en Inde. Personne ne peut aller là-bas. L'armée patrouille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Nous avons réussi à rencontrer les Jarawas. Nous avons mis cinq ans.

""

Le peuple Jarawa n'a jamais accepté d'être filmé. Ils nous ont donné l'autorisation exceptionnelle de le faire. Nous les avons rencontré pour leur donner la parole. Nous avons filmé leur vie sans chercher à la transformer, sans mise en scène, en les respectant tels qu'ils sont. Nous sommes l'Humanité est leur unique témoignage.

""

Nous sommes l'Humanité est un film documentaire qui vous embarque dans un voyage émotionnel et immersif aux sources de l'humanité, dans le paradis originel. En ré-inventant le genre documentaire, ce magnifique film capte un monde fragile et unique, les origines de l'homme.

  • La bande annonce du documentaire :
  • Nous sommes l'Humanité, film documentaire réalisé par Alexandre Dereims, produit par Claire Beilvert, sorti en mai 2018, 1 h 30.


François Ruffin : « L'enjeu est de sortir les gens de la résignation »

à la veille de la grande manifestation nationale, Reporterre s'est entretenu avec François Ruffin. Clair et incisif, il analyse l'état du mouvement social, la politique, la recomposition de la gauche.

François Ruffin est député de la 1re circonscription de la Somme. Il siège à l'Assemblée nationale dans le groupe La France insoumise.


Reporterre — Comment analysez-vous la situation politique, le mouvement social en ce printemps 2018 ?

François Ruffin — Macron a été élu il y a seulement un an. Et, au bout d'un an, on en est déjà là ! Dans le cas de Hollande, il a fallu quatre ans pour que se produise un vrai mouvement social autour de la loi El Khomri et de Nuit debout. Il y a donc quelque chose qui se produit rapidement. Après, Macron tape fort, et va sur plusieurs secteurs : la fac, les lycéens, la loi Travail numéro 2, les cheminots…

Peut-on parler de « convergence des luttes » ? Au fond, aujourd'hui, on a peu de secteurs qui sont vraiment en lutte. En revanche, le concept de « convergence des causes » me paraît bien plus intéressant. Parce qu'il y a aujourd'hui des tas de causes qui ne sont pas en lutte.


Il y a aussi une mobilisation peu visible sur les violences policières et les banlieues, qui propose de parler d'alliance plutôt que de convergence. Le mot serait-il plus juste ?

Oui. Et surtout, tout cela se joue dans la durée. Pour moi, le projet est de réduire un premier divorce de classe entre la classe intermédiaire et les classes populaires. C'est ce qu'Emmanuel Todd appelle le « divorce des deux corps sociologiques de la gauche ». En gros, les profs et les prolos. Il faut trouver le moyen de les allier soit dans les urnes, soit dans la rue.

En 1789, le Tiers État était représenté à l'Assemblée par des propriétaires terriens et par des petits avocats, Robespierre, Danton… C'était la petite bourgeoisie intellectuelle. Et ils se sont appuyés sur les classes populaires des villes et des campagnes. En 1936, le Front populaire regroupait des intellos opposés aux fascismes, et les classes populaires qui voulaient les quarante heures et les congés payés. Tous les grands moments de la gauche sont des moments qui parviennent à cette alliance.

Aujourd'hui s'ajoute un deuxième divorce, celui entre les classes populaires blanches des campagnes et les classes populaires d'origine immigrée des banlieues. Dans mon élection, j'ai réussi à opérer une première jonction entre la petite bourgeoisie et les classes populaires. Entre les quartiers et les campagnes, cela reste à faire.

Mais dès qu'on pose les questions en termes cultuel et culturel, il y a un risque de division. Alors que si l'on pose les questions en termes économique et social, on rassemble. Mon objectif est de replacer le débat sur ce terrain, car il y a, par exemple, des intérêts convergents entre les femmes de ménage d'origine immigrée et les auxiliaires de vie sociale dans les campagnes.

« Le pari qu'on a fait le 5 mai était de mobiliser au-delà des gens en lutte. Car il y a quelque chose de plus massif et de plus explosif, c'est le désir d'autre chose qu'ont les gens. »


Avez-vous pu détecter des sujets qui pourraient déclencher chez les gens l'envie de se rassembler et de se mobiliser ?

Le chômage ne suffit pas. Peut-être faudrait-il parler davantage des violences policières. On est aussi mû par des affects. Parfois, on a plus envie de se mobiliser pour deux personnes qui ont un visage que pour un chiffre qui dénombre des millions de précaires.


Pour l'instant, on ne trouve pas la cause qui résume les causes.

C'est-à-dire le cas qui fait bondir toute la société française.


Les cheminots ne le font pas.

Non… Cela me fait penser à la métaphore des Horaces et de Curiaces. Ils sont trois contre trois. Deux des Horaces meurent. Celui qui reste se met à courir, il est rattrapé par un Curiace, le tue ; il est rattrapé par le deuxième, il tue le deuxième ; il est rattrapé par le troisième, il tue le troisième. La mondialisation a fonctionné comme cela. Elle a pris d'abord les ouvriers du textile, puis ceux de la métallurgie, et maintenant, elle tape sur les fonctionnaires. Macron procède de la même manière, il te met à l'automne le privé, au printemps les cheminots.


Mais dans le même mois, il fait Notre-Dame-des-Landes, les cheminots, la réforme de la Constitution et il évacue les universités !

Sur le terrain social, il a un calendrier de six mois à six mois. Et il parie qu'il n'y aura pas de jonction entre Notre-Dame-des-Landes et les cheminots. Il n'a pas tort…


Est-ce l'échec du mouvement social ?

Oui, même si, avec la manifestation du 5 mai [la « fête à Macron »], on a réussi un joli coup. Le mouvement social est un château de sable. Tu le construis et tu as la mer qui revient et qui le balaye. Alors il faut remettre les gens côte à côte et il faut reconstruire. C'est épuisant. Tandis que Macron, il a les médias quasiment automatiquement avec lui. Il a ses copains millionnaires. Il a des leviers pour imposer sa politique. Nous, on n'a plus le Parti communiste des années 1970 ni la CGT des années 1960-1970. Ils appuyaient sur un bouton et boum ! cela se déclenchait. L' appareil de la France insoumise est encore en construction.


Donc, on n'a plus les structures sociales pour mobiliser les gens ?

Non. C'est pour cela que le pari qu'on a fait le 5 mai était de mobiliser au-delà des gens en lutte. Car il y a quelque chose de plus massif et de plus explosif, c'est le désir d'autre chose qu'ont les gens.

« La question, c'est ça. Comment donner aux gens le sentiment qu'ils peuvent faire quelque chose ? »


Mais hormis la défense des acquis, il n'y a pas un projet cohérent à opposer au néolibéralisme.

Cela fait partie du problème. Mais, il y a aussi un phénomène de mithridatisation. Mithridate, c'est un roi grec qui, de peur d'être empoisonné, avalait tous les jours un peu plus de poison. Le corps social français est en état de mithridatisation, Macron étant dans la continuité de Hollande.


On nous instillerait chaque jour une petite dose supplémentaire de néolibéralisme et de précarité. Mais en même temps, il y a un flux incessant d'agitations, de contestations. On pourrait aussi dire que le pouvoir macronien n'arrive pas à faire taire.

Mais cela n'est pas à la hauteur du décrochage entre Macron et les classes populaires. Il y a là un divorce, un truc qui ne passe pas, un énorme fossé.


Les classes populaires semblent apathiques.

Pendant ma campagne, je disais : « Mon adversaire, c'est la finance, mais c'est surtout l'indifférence ! » Comment sortir les gens de la résignation, du sentiment d'impuissance, de ne plus avoir de prise sur notre destin commun ? Les gens ont déjà du mal à avoir prise sur leur destin individuel. Donc, quand tu leur demandes de penser au destin de la Nation… Ma bagarre quotidienne est une bagarre contre le découragement. Le principal acquis de mon élection, c'est que les gens ont eu le sentiment qu'on pouvait battre une fatalité, celle de la vague Macron. Elle s'est renversée en un point et en un dimanche. C'est tout ! La question, c'est ça. Comment donner aux gens le sentiment qu'ils peuvent faire quelque chose ?


Le 5 mai, les gens ont-ils pu avoir ce sentiment ?

J'ai rencontré des gens pour qui c'était la première manifestation. De ce point de vue, cela a fonctionné. Maintenant, il ne faut pas s'illusionner. C'était une belle manif, on atteignait les 100.000 personnes. Mais ce n'est pas suffisant pour la création du rapport de force. Cela a redonné la pêche à plein de gens qui sont repartis avec de l'envie !

J'ai eu une discussion avec Philippe Martinez, de la CGT. Il a dit : « Ce dont on a besoin, ce n'est pas d'argent, c'est de mots ! » Comment fait-on pour que ceux qui mènent une lutte ne se sentent pas isolés ? Il y a besoin de mots de journalistes, d'intellectuels, d'artistes, de chanteurs, de politiques qui viennent dire « Vous n'êtes pas seuls ». Le verbe a une vraie fonction.


Comment analysez-vous la place de la France insoumise sur la scène politique ?

Je n'ai pas de problème à penser que la France insoumise doit être hégémonique à gauche. Mon modèle reste le Front populaire, c'est-à-dire un basculement à gauche, mais aussi un basculement à l'intérieur de la gauche : le Parti socialiste, pour la première fois, était passé devant le Parti radical.

Aujourd'hui, le Parti socialiste est l'équivalent du Parti radical. Faire une alliance avec lui est envisageable. Mais à condition qu'il soit auparavant clairement acté que le centre de gravité de la gauche a basculé vers la France insoumise. Il faut que les autres organisations aient l'intelligence de l'accepter, et que la France insoumise ait l'intelligence de s'allier avec d'autres composantes à gauche. Si on veut être majoritaire dans le pays, il faudra aller vers des alliances.

« Je ne suis pas favorable à une alliance de la France insoumise aux Européennes. Mais il viendra ensuite d'autres temps avec d'autres enjeux idéologiques. »


Jusqu'ici la France insoumise n'a pas semblé très ouverte aux alliances !

Il y a plusieurs temps et on est dans un temps où le Parti socialiste peut encore avoir l'arrogance de ne pas avoir compris. Donc, les prochaines élections européennes seront un marqueur d'où se situe le centre de gravité de la gauche. C'est pourquoi je ne suis pas favorable à une alliance aux Européennes. Mais il viendra ensuite d'autres temps avec d'autres enjeux idéologiques.


Vous préparez la manifestation 26 mai. Qu'en attendez-vous ?

Ce sera un moment historique. Un moment où, pour la première fois depuis des décennies — en 1906, la Charte d'Amiens avait théorisé la séparation des syndicats et des partis politiques —, des syndicats acceptent de manifester avec les partis politiques. à la Charte d'Amiens s'ajoute l'expérience traumatisante pour la CGT de l'alliance avec le Parti communiste. La CGT a failli s'affaisser en même temps que le Parti communiste, avec qui elle avait été trop liée. Il y a un lien à retrouver entre syndicats et politiques. Il faut des moments où les cloisons tombent. C'est en cela que le 26 mai sera historique, parce que la CGT accepte de défiler avec des partis.


Notre-Dame-des-Landes semble être à part du mouvement social. Vous en parlez très peu. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

Plein de gens ont le désir d'autre chose. Notre-Dame-des-Landes est un lieu où les gens concrétisent cela. Ils sont passés aux actes concrets en matière de terres, de logement, de relations.

Sur ce sujet, je fais le parallèle avec les « Paradise Papers » : on n'a pas vu un déploiement de CRS dans les beaux quartiers de Paris ou d'interventions de gendarmes dans les assemblées d'actionnaires. Macron et son gouvernement n'ont pas prononcé un seul mot sur la question de l'évasion fiscale. Et cela fait trente ans que cela dure alors qu'il s'agit de dizaines de milliards d'euros ! Qu'est-ce qui menace le plus la République ? Les gens qui pratiquent l'évasion fiscale ou ceux qui veulent avoir un pain différent à Notre-Dame-des-Landes ?

Il y a dans la politique de Macron comme un fonctionnalisme. C'est vide de valeurs. Les étudiants doivent aller étudier pour remplir une fonction ensuite dans la société. Le rail, on ne te demande pas à quoi il doit vraiment servir, mais seulement qu'il doit y avoir de la concurrence. C'est de l'économisme étroit.


L'Assemblée nationale discute ces jours-ci de la loi Agriculture et alimentation. Pourquoi vous êtes-vous particulièrement intéressé à ce dossier ?

Il y a presque un hasard. Je pense que quand on est en début de mandat, on a un appétit de dossiers ! Et quand on a un an de mandat, on les évite ! [Rires] Les états généraux de l'alimentation sont tombés en début de mandat, il n'y avait personne de libre dans le groupe France insoumise le soir de l'inauguration. On m'a dit « vas-y »

Mais je suis absolument convaincu que c'est un enjeu qui concerne tout le monde. On a tous une assiette. Et quand on voit la situation concrète des agriculteurs pris dans la tourmente des prix misérables au niveau mondial, on se dit, bon sang, il y a vraiment un problème à régler ! La base de mon raisonnement est qu'on ne peut pas demander aux agriculteurs de se transformer sur le bien-être animal — c'est une cause qui me tient vraiment à cœur —, sur la sortie des pesticides, imposer de nouvelles normes, si on ne sécurise pas d'abord leurs revenus.

« Pourquoi la première partie sur la valeur ajoutée du projet de loi sur l'alimentation est-elle une usine à gaz ? Parce qu'ils ne veulent pas entendre parler de prix planchers. C'est pourtant ce qu'il faudrait. »


Y a-t-il un parallèle à faire entre les ouvriers et les agriculteurs ?

Les agriculteurs ont été longtemps mieux défendus par la droite que les ouvriers ne l'ont été par la gauche. Les ouvriers ont été abandonnés durant les années 1980. Ceci dit, quand on regarde la situation des agriculteurs, on constate qu'ils ont été pas mal lâchés aussi. On les a placés tous les deux, ouvriers comme paysans, dans la tourmente de la mondialisation. Il y a des situations très comparables quand on te dit qu'un agriculteur sur deux ne touche même pas 350 euros par mois.

à une époque, il y avait un sens pour que les agriculteurs quittent les campagnes. Mon père n'a pas repris la ferme, qui de toute façon, était beaucoup trop petite. Il s'est arraché à la terre avec joie, il y avait du boulot ailleurs, il a fait des études. Aujourd'hui, le même processus de concentration et de disparition de l'emploi agricole continue, mais à un moment où il n'y a pas de secteurs qui ont besoin de main d'œuvre ! C'est stupide.


Que pensez-vous du projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation ?

Bruno Defayet, un agriculteur de la FNSEA, m'a dit : « C'est à vous les politiques de fixer un cap pour l'agriculture. Voulez-vous le modèle néo-zélandais, avec des dizaines de milliers d'hectares par agriculteur ? Ou bien une agriculture familiale qui se tourne vers le bien-être animal et la sortie des pesticides ? »

Le problème est que, là-dessus, le projet de loi ne dit rien. Mais en même temps, j'ai le sentiment qu'il y a une fenêtre de tir. Les agriculteurs ne parlent plus comme il y a vingt ans ou même dix ans. Avant, dès qu'on mettait en cause le modèle dominant de l'agriculture productiviste, le dialogue se fermait, ils étaient sûrs de leur fait. Ce que je sens ces dernières années, c'est le doute. La reprise et la survie économique de la ferme, leur relation avec les urbains, le fait qu'ils se sentent désignés comme pollueurs… Il y a aujourd'hui des tas d'interrogations dans la tête des agriculteurs. C'est l'occasion de proposer une transformation de l'agriculture.

Ensuite, avec la démarche des états généraux de l'alimentation, Macron avait réussi à ouvrir une deuxième fenêtre de tir, qui était le dialogue avec l'industrie agroalimentaire et avec la grande distribution. Ils ont dit qu'ils étaient prêts à des concessions. Et là, on a un projet qui, dans sa première partie sur la répartition de la valeur ajoutée [entre producteurs-industrie-distributeurs], est très en deçà de ce qui aurait pu sortir des états généraux. On a une usine à gaz qui n'apportera rien du tout aux agriculteurs. Il n'y a pas de cap, il n'y a pas de vision.


N'y a-t-il cependant pas des mesures intéressantes, dans ce texte ?

Je ne veux pas m'opposer à ce projet de loi, il n'y a rien de mal dedans. Simplement, il n'est pas à la hauteur des enjeux. Pourquoi la première partie sur la valeur ajoutée est-elle une usine à gaz ? Parce qu'ils ne veulent pas entendre parler de prix planchers. C'est pourtant ce qu'il faudrait. Il faut qu'on puisse dire que pour les céréales, il y a un prix minimum. Pareil pour le lait.

S'ils ne veulent pas de prix plancher, c'est notamment que l'exécutif a peur de Bruxelles, qui pourrait retoquer la mesure. Cette peur, on peut la constater pour tous les projets de loi : le secret des affaires, le nouveau pacte ferroviaire, etc. Parce que la valeur clé de Bruxelles, c'est la concurrence. Or, fixer un prix plancher, c'est porter atteinte à la concurrence. Donc, il s'agit de le faire sans le dire et en trouvant ces mécanismes hypercomplexes. Mais, comment faire de la régulation avec un gouvernement qui est viscéralement contre la régulation ?


Vous allez comme député essayer de faire passer des choses dans le texte et puis, la loi passera. Ne ressentez-vous pas un sentiment d'impuissance ?

Non. Je savais qu'à l'Assemblée je serais dans l'opposition, que Macron ne serait pas ma tasse de thé, qu'il n'y aurait que peu de choses à sauver sur le terrain économique et social, et que j'aurais donc essentiellement une fonction tribunitienne. Et elle fonctionne à plein.


Vous êtes jeune, il y a un besoin de renouvellement dans les partis, êtes-vous prêt à être aspiré vers des responsabilités que les gens voudraient vous confier ?

C'est un truc que je sens. Pour l'instant, j'en reste à la phrase de Victor Hugo, qui disait : « Je veux l'influence, pas le pouvoir. » J'ai été mû depuis mon adolescence par un besoin d'exprimer des trucs et il fallait que je trouve des canaux pour le faire. Cela aurait pu être le théâtre. Finalement cela a été la presse écrite, la radio, le cinéma. Pour l'instant, la politique est une autre forme d'expression publique, une corde de plus à cet arc.

  • Propos recueillis par Marie Astier et Hervé Kempf

Source : Marie Astier et Hervé Kempf pour Reporterre

Photos : © Marie Astier/Reporterre



Les Rencontres de Reporterre

Des bons moments de débat et de réflexion, préparés par des séries d'articles et d'enquêtes : les Rencontres de Reporterre prolongent joyeusement le site en public.

24 mai 2018 - « Des déchets nucléaires aux luttes sociales, on ne nous atomisera pas ! »

""


15 janvier 2018 - « Et maintenant il faut se battre », un concentré d'énergie pour s'engager

""


9 juin 2016 - Une joyeuse et dense Rencontre de Reporterre pour célébrer les néo-paysans

""


10 novembre 2015 - Biens communs : les citoyens reprennent le pouvoir

""


4 novembre 2015 - A Marseille, le 4 novembre, on rappe sur le climat

""


5 février 2015 - Et maintenant ? Vivre ensemble pour libérer l'avenir

""


1 décembre 2014 - Projets inutiles : la victoire est possible !

""


6 octobre 2014 - L'écologie au coeur de la reconstruction politique

""

""


12 décembre 2013 - Qu'est-ce qu'être écologiste ?

""


10 octobre 2013 - L'usine et le champ, la réconciliation

""

Avec Charles Piaget et Pierre Rabhi.

Première mise en ligne : 12 janvier 2017.



Comment la non-violence protège l'État, débat à Paris

à l'occasion de la sortie du livre « Comment la non-violence protège l'État : Essai sur l'inefficacité des mouvements sociaux » de Peter Gelderloos, nous vous proposons une conférence-débat en présence de l'auteur.

Quand ? vendredi 25 mai à 18h00 ou 19h30
Où ça ? à l'EHESS (École des hautes études en sciences sociales) Salle Lombard. Entrée : 96 boulevard Raspail, 75006 Paris.

Déroulé :
18h00 à 19h15 : Projection du documentaire End:Civ de Franklin Lopez
19h30 à 21h30 : Conf débat avec Peter Gelderloos, auteur de Comment la non-violence protège l'État
21h30 : Repas partagé

Plus d'info sur le livre :
Au vu de la situation, la grande majorité des mouvements sociaux et écologistes échouent lamentablement. La plupart de ces mouvements se targuent de respecter scrupuleusement les principes de la non-violence, qu'ils considèrent comme la seule méthode de lutte acceptable. Et pourtant, ainsi que Peter Gelderloos l'expose brillamment dans ce livre, cette adhérence dogmatique au concept de la non-violence est injustifiée et injustifiable. Il s'agit d'une des principales raisons pour lesquelles ils sont inefficaces. L'auteur nous offre ici un ouvrage essentiel qui devrait nous aider à sortir de l'impasse manifeste dans laquelle s'enlisent les mouvements militants. Loin de faire l'apologie d'une violence irraisonnée, ce livre déboulonne l'argumentaire fallacieux de ceux qui affirment que la non-violence est la seule méthode acceptable de lutte face à la violence du capitalisme et de l'État.

Peter Gelderloos est un auteur américain vivant à Barcelone. Connu à travers le monde pour ses livres visant à exposer, sans langue de bois, les erreurs stratégiques des mouvements et luttes et sa volonté d'ouvrir le débat sur les sujets tels que l'utilisation légitime de la force et la fausse opposition violence/non-violence.

Livre incontournable pour tout militant, futur militant, pacifiste, écologiste, anarchiste, communiste, ZADiste s'intéressant aux débats sur les tactiques des mouvements sociaux et de leurs efficacités. Regorgeant d'exemples historiques, ce livre plaira à toute personne souhaitant une vision nuancée et réaliste de la situation actuelle et recherchant des moyens de faire basculer les rapports de force.

2e date : dimanche 27 mai à 16h30 à la librairie Publico // 45 rue Amelot, 75011 Paris, M° République, Oberkampf ou Filles du Calvaire

Entrée libre

PUBLIER à L'AGENDA DE REPORTERRE

Vous aussi, vous souhaitez publier un événement à l'agenda de Reporterre ?

Rien de plus simple : envoyez un courriel à planete [arobase] reporterre.net sans oublier les éléments suivants :

  • dans l'objet du message, précisez [AGENDA] ainsi que la date et le nom de l'événement ;
  • fournissez-nous un texte dans un format texte (.doc ; .odt ; .txt...) de présentation de l'événement d'environ 1000 caractères sans oublier le nom, la date, l'heure, le lieu de l'événement et un lien vers un site internet et/ou une page Facebook ;
  • fournissez-nous une affiche (format .jpg) d'au moins 700 pixels de large si l'image est horizontale, ou 500 pixels de haut si elle est verticale (notre préférence).


EN DIRECT - « Des déchets nucléaires aux luttes sociales, on ne nous atomisera pas ! »

Ce jeudi, Reporterre organise une rencontre « Des déchets nucléaires aux luttes sociales, on ne nous atomisera pas ! ». Les débats sont retransmis en direct par Radio Parleur.

  • ÉCOUTER LE DIRECT :

RADIO PARLEUR is on Mixlr



« Des déchets nucléaires aux luttes sociales, on ne nous atomisera pas ! »

Après plus d'un demi-siècle, le nucléaire semble au bord de la faillite. Les déchets atomiques s'accumulent : comment y faire face ? De La Hague à Bure, la conscience progresse et les résistances s'affirment. Mais le 22 février 2018, 500 gendarmes ont évacué brutalement le bois Lejuc occupé depuis un an et demi pour bloquer les travaux de la « poubelle nucléaire » Cigéo. Avec ce projet gigantesque, l'État prévoit d'enfouir les pires rebuts atomiques 500 mètres sous terre. Mais une cinquantaine de comités de soutien aux « chouettes de Bure » se sont formés.

« On ne nous atomisera jamais ! » crient les résistants de Bure. La répression qui y sévit rappelle que le nucléaire est l'incarnation d'un ordre social qui réprime les luttes et les alternatives, isole les gens, considère les travailleurs-euses et les territoires comme des choses jetables. Après un an de pouvoir, le gouvernement Macron semble décidé à consolider cet ordre coûte que coûte : attaques contre les cheminots et les protections sociales, intervention militaire pour détruire la Zad de Notre-Dame-des-Landes, CRS dans les facultés occupées, répression des solidarités avec les migrants…

L'aspiration à la transformation écologique et sociale est plus vive que jamais. Des déchets nucléaires à la lutte contre la précarisation générale, comment se relier, lutter ensemble et faire fleurir d'autres printemps ? Reporterre et ses partenaires vous invitent à une soirée exceptionnelle de débat ! Au programme : discussions, musique, tables d'informations…

Programme :

  • à partir de 18h45 : accueil en musique jazzy live à la salle Jean Dame, stands et tables d'infos.
  • 19h à 20h15 – Première table ronde - « Les déchets nucléaires : état des lieux, état des luttes », animée par Émilie Massemin (Reporterre), avec :
    • Charlotte Mijeon, chargée de communication du réseau Sortir du nucléaire ;
    • Catherine Fumé, administratrice de SDN Berry-Giennois-Puisaye, en lutte contre la piscine de déchets atomiques de Belleville-sur-Loire ;
    • Gaspard d'Allens, co-auteur du livre Bure, la bataille du nucléaire.
  • 20h15 à 20h40 - Intermède musical jazzy
  • 20h45 à 22h – Deuxième table ronde - « Bure, ZAD, travailleurs-euses, étudiant-e-s, migrant-e-s : comment relier les luttes face à l'État policier ? », animée par Lorène Lavocat ( Reporterre ), avec :
    • Geneviève Coiffard-Grosdoy, Attac, membre de la coordination de soutien à la ZAD ;
    • Marie, membre du comité de soutien aux exilé-e-s occupant Paris-8, et un exilé de l'occupation ;
    • Zelda, étudiante en lutte à l'université de Paris-8 Saint-Denis ;
    • Angélique Huguin, membre du groupe de soutien juridique à Bure.


« Des déchets nucléaires aux luttes sociales, on ne nous atomisera pas ! » - Rencontre de Reporterre, à Paris

« Des déchets nucléaires aux luttes sociales, on ne nous atomisera pas ! »
une rencontre de Reporterre

Jeudi 24 mai, à partir de 18h30, à la salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, 75002 PARIS

Après plus d'un demi-siècle, le nucléaire semble au bord de la faillite. Les déchets atomiques s'accumulent : comment y faire face ? De La Hague à Bure, la conscience progresse et les résistances s'affirment. Mais le 22 février 2018, 500 gendarmes ont évacué brutalement le bois Lejuc occupé depuis un an et demi pour bloquer les travaux de la « poubelle nucléaire » Cigéo. Avec ce projet gigantesque, l'État prévoit d'enfouir les pires rebuts atomiques 500 mètres sous terre. Mais une cinquantaine de comités de soutien aux « chouettes de Bure » se sont formés.

« On ne nous atomisera jamais ! » crient les résistants de Bure. La répression qui y sévit rappelle que le nucléaire est l'incarnation d'un ordre social qui réprime les luttes et les alternatives, isole les gens, considère les travailleurs-euses et les territoires comme des choses jetables. Après un an de pouvoir, le gouvernement Macron semble décidé à consolider cet ordre coûte que coûte : attaques contre les cheminots et les protections sociales, intervention militaire pour détruire la Zad de Notre-Dame-des-Landes, CRS dans les facultés occupées, répression des solidarités avec les migrants…

L'aspiration à la transformation écologique et sociale est plus vive que jamais. Des déchets nucléaires à la lutte contre la précarisation générale, comment se relier, lutter ensemble et faire fleurir d'autres printemps ? Reporterre et ses partenaires vous invitent à une soirée exceptionnelle de débat ! Au programme : discussions, musique, tables d'informations…

  • Le programme est disponible ici

PUBLIER à L'AGENDA DE REPORTERRE

Vous aussi, vous souhaitez publier un événement à l'agenda de Reporterre ?

Rien de plus simple : envoyez un courriel à planete [arobase] reporterre.net sans oublier les éléments suivants :

  • dans l'objet du message, précisez [AGENDA] ainsi que la date et le nom de l'événement ;
  • fournissez-nous un texte dans un format texte (.doc ; .odt ; .txt...) de présentation de l'événement d'environ 1000 caractères sans oublier le nom, la date, l'heure, le lieu de l'événement et un lien vers un site internet et/ou une page Facebook ;
  • fournissez-nous une affiche (format .jpg) d'au moins 700 pixels de large si l'image est horizontale, ou 500 pixels de haut si elle est verticale (notre préférence).




Suivre la vie du site RSS 2.0 Les sites du réseau ECO6TM :
- Energie solaire
- Energies renouvelables
- Hybride